Comment Kering est passé de PPR à "pure player" du luxe

« 2017 aura été l'année où nous avons démontré la puissance sans équivoque de notre modèle. C'est l'année de consécration comme n°2 mondial du luxe (derrière l'autre groupe français LVMH, ndlr) et aujourd'hui notre vision du luxe influence l'industrie toute entière. 2017 restera aussi l'année de l'aboutissement de notre transformation en pure player du luxe ».  En introduction de la présentation des résultats annuels de Kering, François-Henri Pinault, président-directeur général du groupe fondé par son père François Pinault, affirme l'identité de son groupe.


François-Henri Pinault - Facebook Kering

Une identité qui a été forgée au terme d'une transformation radicale du groupe qui, en dix ans, est passé d'un acteur européen de la distribution sur des secteurs diverses à un géant mondial positionné uniquement sur le luxe.
« En 2008, PPR réalisait 17 % de son activité dans le luxe, et les deux tiers des ventes concernaient le marché européen, a rappelé Jean-François Palus, directeur général délégué du groupe. Kering réalise aujourd'hui 71 % de son chiffre d'affaires avec ses marques de luxe, et ses ventes sont réalisées aux deux tiers à l'international. En dix ans, nous avons changé le groupe du tout au tout ».

La transformation a en effet été radicale. Depuis 2008, Kering s'est désengagé de CFAO (acteur de la distribution en Afrique), Conforama, Redcats mais aussi la Fnac. Et ces sorties ne se sont pas toujours faites sans heurts, le groupe réorganisant le plus souvent ses structures avant de les revendre. Des cessions qui ont été plutôt bien menées en revanche d'un point de vue financier et ont permis au groupe d'investir pour faire migrer son modèle.

La sortie annoncée de Puma du périmètre du Kering et le fait que Volcom soit dans les actifs à céder finalisent donc cette transition vers un secteur du luxe aux rentabilités élevées. Ainsi, le groupe affiche un chiffre d'affaires de 10,8 milliards d'euros sur ses activités luxe (Richemont réalisait 10,6 milliards d'euros l'an dernier). En 2008, ce montant n'était "que" de 3,4 milliards.

Surtout, Kering a su optimiser ses activités. Son résultat opérationnel courant atteint 2,9 milliards d'euros pour ses activités luxe, contre 800 millions il y a une dizaine d'années. Et sa marge opérationnelle est passée de 23 % à 27 %. « Des croissances bien supérieures à celle du marché », a précisé Jean-François Palus, qui souligne la solidité du modèle et des marques du géant du luxe.

Nul doute que les résultats du groupe, qui seront présentés pour 2018 sans Puma, devraient satisfaire les actionnaires. D'autant que François-Henri Pinault annonce un exercice de nouveau au-dessus de la croissance du marché dont la progression est annoncée entre 5 et 6 %, selon une étude Bain & Company réalisée pour le compte de la Fédération italienne des entreprises de luxe, Altagamma.

 

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