Etats Généraux du Commerce : cinq demandes des commerçants à l'executif

Les dixièmes Etats Généraux du Commerce se tenaient le 12 mars à Bercy. L’occasion pour William Koeberlé, président du Conseil du Commerce de France (CdCF), de dresser le bilan des évolutions intervenues durant l’année, mais aussi de préciser cinq domaines dans lesquels l’appui de l’Etat est attendu.

William Koerberlé s'exprimant lors des Xe Etats Generaux du Commerce - Matthieu Guinebault/FNW

Sans surprise, l’équité fiscale entre les différentes sortes de commerces arrive en tête des demandes formulées. Point sur lequel la Secrétaire d’Etat Dephine Gény-Stephann, attendue mais retenue à Bruxelles, s’était exprimée mi-février sur la même scène face à la Fevad (lire notre article « Delphine Gény-Stephann (Bercy) en appelle à la loyauté du e-commerce »). Pour William Koerberlé, le problème ne se limite pas à l’impôt sur les résultats. « Le problème est que le commerce a un certain nombre de taxes foncières qui se font discriminantes par rapport à l’e-commerce. Nous souhaitons donc que l’assiette fiscale ne soit pas le foncier, mais le chiffre d’affaires. Et il y a la TVA », pointe par ailleurs le président, prenant en exemple les commandes arrivant de Hong Kong sans s’acquitter de la taxe. « On cherche de l’argent public : là, il y en a ! » pour le responsable, qui indique que Bercy compterait lancer une commission sur ces questions de distorsion de concurrence.

Deuxième priorité, la baisse du coût du travail. Un thème qui a connu depuis les précédents Etats Généraux l’intégration fiscale du CICE (crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi) et l’abandon de certaines charges salariales, prestations chômage ou Urssaf. « Nous souhaitions l’abandon des charges de salaires, rappelle William Koeberlé. D’un côté les choses vont dans ce sens. De l’autre, quand on fait nos petits comptes, ils nous en manque : quelques centaines de millions sont passés par là. »

La digitalisation des commerces représente une urgence croissante, pour le dirigeant du CdCF. « Il y a 50 % des commerçants qui ne sont pas présents sur le net, ne serait-ce qu’avec une page Facebook. Il faut que l’on puisse aider ces commerçants à comprendre que leur première vitrine n’est plus celle qui donne sur la rue, mais celle qui donne sur Internet », insiste le responsable, qui souligne les offres de services et mutualisations devenues possibles. « Si vous n’êtes pas sur le Web, vous perdez 60 % d’un trafic potentiel. Or, il est difficile de demander aux commerçants indépendants d’investir. Nous avons donc demandé un crédit d’impôt, comme dans la recherche et l’agriculture, ou bien un système d’amortissement. » 

La formation, systématiquement évoquée dans les conférences du secteur du commerce et du textile, pourrait bien être de son côté le grand thème de 2018. « Plusieurs choses ont été annoncées, relève le président suite aux annonces de la semaine passée. Il y a un certain nombre de choses qui ne sont pas dites et j’espère que nous aurons des clarifications. Les entreprises ont fait ce qu’il faut sur le terrain, mais nous avons besoin d’un cadre pour former nos collaborateurs. »

La cinquième priorité, la simplification de la vie des commerçants, n’est pas sans quelques déconvenues. « Les ordonnances de la loi travail ont été faites dans ce sens. Mais, de l’autre, obliger d’un coup les commerçants à avoir des caisses antifraudes pour éviter les fraudes à la TVA, c’est mal passé, explique William Koeberlé. S’il y a toujours une volonté politique d’aller vers la simplification, dans le concret, on est face à d’un côté des gens qui vont attendre 2021 pour savoir s’ils paient la TVA (les e-commerçants étrangers, ndlr), de l’autre des petits commerçants à qui ont dit "Tu paies et en plus tu vas investir dans des nouvelles caisses". Cela ne fait pas plaisir, clairement. »

Un sixième point a sans surprise été évoqué : la difficulté des commerces en centre-ville. Sujet sur lequel William Koeberlé avait répondu à FashionNetwork en novembre dernier. « La désertification ne touche pas que le commerce de centre-ville », a une nouvelle fois rappelé le président du CdCF. « C’est un problème de commerce. Le débat est plus compliqué que l’opposition périphérie/centre-ville », a-t-il conclu, alors qu’est attendue pour jeudi la remise du rapport de la mission Marcon sur le sujet.

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