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AFP
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11 sept. 2006
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55e jour de grève chez Fabio Lucci : les salariés d'Alès ne désarment pas

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AFP
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11 sept. 2006

ALES (GARD), 11 sept 2006 (AFP) - "Au point où on en est, il faut se battre jusqu'au bout. Quand on a en face des gens aussi bornés, on n'a pas le choix": assise dans le "campement" installé devant le magasin Fabio Lucci d'Alès par les salariés grévistes, Cathy clame sa détermination après 55 jours de grève.


Des salariés en grève de la chaîne de vêtements "Fabio Lucci" (groupe Eram) occupent le magasin du groupe à Alès, le 25 août 2006 pour réclamer l'inst - Photo : Eric Cabanis/AFP

Ils sont ce lundi dix salariés, sur les 15 que compte ce magasin de vêtements à bas prix, à tenir bon depuis le 10 juillet. La grève avait été lancée initialement pour réclamer, en pleine canicule, une "climatisation qui fonctionne durablement" face aux 44 degrés atteints dans le magasin et la réserve, et "de meilleures conditions de travail".

Une pétition de soutien, déjà signée par 4 000 personnes, selon eux, le rappelle: ils réclament aujourd'hui "l'embauche en CDI des salariés actuellement en CDD et 5 % d'augmentation" pour tous.

Les salariés, "payés 957 euros pour 35 heures par semaine, réclament "un statut Tati", avec un 13e mois, des chèques restaurant et une prime de 100 euros par mois", explique Gilbert Pucheral, de l'union locale CGT. Le groupe Vetura dont ils dépendent, possède aussi les magasins Gemo, Tati et Eram.

Les grévistes exigent aussi "le nettoyage du magasin (1 200 m²) par une entreprise de propreté, comme dans les 134 autres magasins" de la chaîne.

"Après notre journée de travail, il fallait nettoyer le sol, souligne Chantale Garino. Les employées malades n'étaient pas remplacées et ils nous mettaient la pression: on devait ouvrir 15 cartons de marchandises par jour et par vendeuse, c'était trop".

"Les caissières n'avaient pas le droit de boire et cinq collègues ont démissionné pour déprime", affirme Bachir Lambar, salarié de la chaîne depuis 10 ans.

Les grévistes se sont organisés depuis "la fermeture du magasin par la direction le 26 juillet" et la décision, le 23 août, du tribunal de grande instance d'Alès d'ordonner son évacuation : une tente bleue, avec frigidaire, réchaud, lits de camp, tables et chaises a été installée devant l'établissement gardé en permanence par deux vigiles.

"Tous les jours, un huissier de justice passe pour voir si on n'a pas détérioré les serrures : ça, on ne le fera pas, ce qu'on veut, c'est négocier sérieusement, sans se faire insulter", affirme Bachir.

Soutenus par les clients, l'hôpital d'Alès, les collectivités territoriales, les syndicats CGT des entreprises locales qui leur ont remis des chèques, les salariés veulent croire à une issue positive.

Leur appel à une journée d'action, ce lundi, dans les magasins du groupe Vetura n'a pourtant pas été suivi, à l'exception du siège social à Pantin, bloqué lundi par des grévistes du magasin d'Alès, avec l'appui de la CGT du Commerce et des unions départementales de la région parisienne.

"A part Alès et au siège social, il n'y a eu quasiment aucun débrayage", a indiqué Stéphane Fustec, responsable national de la CGT-Commerce.

"Le mouvement a sans doute été organisé trop rapidement. Mais nous envisageons d'autres actions car la direction ne nous a apporté aucune réponse sur nos revendications salariales", affirme-t-il.

Dans un communiqué, la direction du groupe Vetura a rappelé qu'elle avait déjà "consacré 35 heures aux négociations" au cours desquelles "aucune de ses propositions n'a été jugée suffisante par la CGT". L'entreprise qui a fait appel la semaine passée à un médiateur "refuse d'entamer les négociations sous la pression, l'intimidation et les menaces" pour un conflit "exclusivement local, limité au magasin d'Alès et qui doit donc être discuté localement".

Par Anne-Marie CHAPELAN

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