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Affolé par la crise, le prêt-à-porter prépare sa mue en France

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7 oct. 2008

PARIS, 7 oct 2008 (AFP) - Réduire les volumes et augmenter les prix, espacer les collections, s'approvisionner moins loin : les enseignes de prêt-à-porter, ébranlées par la baisse de la consommation en France et affolées par la crise économique, réfléchissent à des solutions pour rebondir.


Le grand magasin Harrod's - Photo : Carl De Souza/AFP

"Avec la crise, on va tous en baver !", prévient Charles Melcer, président de la Fédération nationale de l'habillement (FNH) qui représente les magasins indépendants.

Les enseignes de prêt-à-porter sont déjà confrontées à des difficultés depuis le début de l'année, la baisse du pouvoir d'achat, la hausse des prix des produits alimentaires et le carburant cher forçant les consommateurs à réduire ou reporter leurs achats de vêtements.

De janvier à juillet, les ventes des distributeurs d'habillement ont ainsi accusé un recul de 2,1 % en valeur sur un an, selon les chiffres de l'Institut français de la mode.

Avec l'aggravation de la crise, la situation ne s'est guère arrangée depuis la rentrée, même si les commerçants évoquent un léger rebond au cours du week-end écoulé.

"Avec la baisse du pouvoir d'achat, le climat social difficile et la crise économique, on rentre dans une période d'incertitude. Actuellement, quand un magasin a un chiffre d'affaires stable (par rapport à l'an dernier), il est content", souligne Lucien Odier, président de la Fédération française des enseignes de l'habillement, qui représente les grandes chaînes (Celio, C&A, Zara...).

Selon le cabinet d'études Xerfi Precepta, le chiffre d'affaires des magasins de prêt-à-porter féminin devrait reculer de 1 % en 2008, après des années de progression supérieure à 2 %.

"Les chaînes bas de gamme sont les premières à souffrir puisqu'elles s'adressent à une clientèle plus touchée par les problèmes de pouvoir d'achat. Le moyen et haut de gamme est moins touché", indique M. Melcer.

La chaîne Vet'Affaires a prévenu mi-septembre qu'elle n'atteindrait pas ses objectifs de bénéfice et de chiffre d'affaires pour l'année en cours, à cause de l'"environnement morose".

Les rares enseignes françaises cotées en Bourse, et donc obligées de communiquer leurs résultats, révèlent l'ampleur des dégâts. Etam a annoncé une perte au premier semestre, pour la première fois depuis 2005, alors que Camaïeu a accusé une baisse de son bénéfice, fait exceptionnel pour cette enseigne, une des plus solides de l'hexagone.

"Il va y avoir une métamorphose du secteur" pour répondre à la crise, prévient M. Odier.

Les commandes pour le printemps-été 2009 étant déjà engagées, la "métamorphose" devrait se faire sentir dans douze mois.

Le principal changement concerne la réduction des volumes, jusqu'à 8 %, qui serait compensée par des prix plus élevés et une qualité meilleure, selon M. Odier.

Pour économiser les frais de transport, les commerçants vont davantage acheter en Europe de l'Est ou dans le Maghreb, plutôt qu'en Chine ou en Inde.

En outre, si auparavant les commerçants passaient une commande ferme sur 80 % de la collection à venir, ils risquent de se montrer désormais plus prudents.

"Je conseille à nos adhérents de faire une première commande ferme sur 50 % de la collection. Mieux vaut louper un produit plutôt que de se retrouver avec un stock sur les bras, surtout avec l'incertitude actuelle", explique M. Melcer.

Les magasins pourraient être amenés à espacer les collections. Pour le moment, la tendance est à la multiplication, jusqu'à douze collections par an pour certaines chaînes.

Par Bertille WOISARD

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