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Commerce: les centres commerciaux incarnent-ils toujours l’avenir?

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19 juin 2013

Rives d'Arcins - PixelFormula

A la veille du lancement du Siec, salon parisien de l’immobilier commercial, était organisée pour la première fois une journée dédiée aux conférences. Initiative qui a attiré au CNIT plusieurs centaines de professionnels du secteur le 18 juin. Notamment pour écouter Paolo de Cesare, PDG de Printemps, ou Georges Plassat, PDG de Carrefour. Mais le point d’orgue a été une table ronde portant sur l’avenir même des centres commerciaux. Sujet qui a réuni les dirigeants d’Apsys, Mercialys, Unibail-Rodamco, Klépierre et Altarea-Cogedim.

L’e-commerce et ses effets sur le métier ont bien évidemment été largement évoqués. Pour Lahlou Khelifi, directeur général de Mercialys, cette révolution doit pousser les centres, mais aussi les enseignes, à repenser l’expérience d’achat. "Internet nous interroge sur un certain désenchantement vis-à-vis du shopping, notamment parce que nous nous sommes éloignés du besoin, de l’expérience client", explique-t-il. De son côté, le président fondateur d’Altarea Cogedim, Alain Taravella, voit dans le Web mobile une nouvelle étape de plus à concevoir, de manière plus ou moins intégrée, dans le processus d’achat.

Pour Michel Dessolain, directeur général de la stratégie d’Unibail-Rodamco, l’une des principales mutations du métier aura été l’évolution des structures, spécialistes du marketing et de la programmation ayant rejoint les concepteurs et commerciaux, jadis légion. "On ne peut que se convaincre que le centre commercial est l’avenir du commerce, car il cherche plus que jamais à répondre à l’attente des consommateurs" indique de son coté Maurice Bansay, président fondateur d’Apsys.

"Internet change tout mais ne remplace rien, insiste Laurent Morel, président du directoire de Klépierre, citant un ancien ex-dirigeant de Toys’R’us. Il ne faut pas s’attendre à ce que le plaisir d’acheter soit ailleurs qu’en magasin. Notre credo est de faire en sorte que les marques et enseignes gagnent beaucoup plus d’argent aujourd’hui encore dans les magasins physiques".

"L’intuition des pistes à suivre"

"Il y aura des centres de proximité qui vont continuer à fonctionner, tout comme les grands centres 'expérienciels', pour Michel Dessolain. Mais entre les deux, je pense que cela va tanguer très fort. Il va se produire une baisse de qualité des enseignes. Certains réseaux, face à la montée d’Internet, ouvriront moins de magasins. Ils seront remplacés par des enseignes de moindre taille."

Un avis partagé par Alain Taravella. "Dans les centres intermédiaires, c’est là que les gestionnaires devront se montrer les plus talentueux, explique-t-il, tout en affichant sa confiance pour les retail parks. Nous constatons aujourd’hui qu’ils continuent de remplir leur fonction, et que les clients viennent. Mais il est évident que les choses seront plus difficiles: il faudra bien que les 10-20% de ventes qui se feront sur le Net ne se fassent plus quelque part ailleurs".

"Cette situation nous pousse tous à avoir une vraie volonté d’intervention sur chacun de nos actifs, afin d’en protéger la valeur, relève Lahlou Khelifi. Cela n’a rien de novateur, mais l’on s’y montre évidemment moins attentif lorsque l’heure est au développement du marché. Et au-delà de cette gestion d’actifs matériels, il y a aussi la gestion de l’immatériel."

"C’est une période extraordinairement intéressante, car aucun d’entre nous n’a encore trouvé la bonne recette, même si nous avons tous l’intuition de pistes à suivre, pour Maurice Bansay. La seule certitude pour l’heure est que, avec nos principaux clients, nous devrions être capables de mettre ce challenge au cœur de nos modes de développement."

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