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28 févr. 2022
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Cormio, Tokyo James, Andreādamo: 3 nouveaux noms à retenir de la Fashion Week de Milan

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28 févr. 2022

La Semaine de la mode milanaise, qui s’est achevée ce lundi 28 février, a accueilli pas moins de dix nouveaux noms. Parmi eux, trois jeunes labels se sont fait notamment repérer pour la fraîcheur de leurs propositions et leur créativité. Cormio et ses mailles ludiques, Tokyo James et ses looks exubérants, Andreādamo avec son style sexy-inclusif.


Cormio, automne-hiver 2022/23 - DR


Cormio a créé, dimanche, un pur moment d’émotion en conviant dans un couvent du XVIe siècle une chorale d’une quarantaine de jeunes, âgés entre 12 et 21 ans. Les "Giovanni Cantori di Torino" (les jeunes chanteurs de Turin), que la styliste Jezabelle Cormio a voulu mettre en avant en signe de soutien à cette tranche de la population, restée enfermée et privée de toutes activités pendant près de deux ans de pandémie. Suspendre la frénésie de la Fashion Week, pour se poser dans ce cloître et écouter ces jeunes filles et garçons s’exhiber avec tant de grâce et passion, entonnant aussi bien du Mozart que le tube "Sweet Dreams" des Eurythmics, avait quelque chose de magique.

Avec leurs voix cristallines, juste accompagnés d’un pianiste, ces jeunes ont ému le public jusqu’aux larmes, qui leur a fait une ovation, tandis qu’eux-mêmes, les yeux mouillés, étaient submergés par l’émotion. Chacun, habillé en Cormio, a ensuite traversé la salle avant de quitter l’assemblée. Le thème choisi par la créatrice était l’univers des scouts. Quoi de plus naturel donc, que de faire endosser ses créations par ces adolescents plein d’espoir, à l’air candide, et pour la première fois aussi par des modèles masculins.

Dans leurs mocassins à boucles ou à mors (fournis par Gucci, qui distribue Cormio sur son site Vault), en chaussettes montantes blanches ou collants à rayures colorés, la cravate ou le foulard scout noué autour du cou, ils endossent des jupes-plaid écossaises, des mini-shorts en cuir, des pantalons en velours à grosses côtes, des jupettes et pantalons en jean retenus par des ceinturons à grosses boucles et des tee-shirts à motifs fantaisies (abeille, écureuil, grosses fleurs, etc.), le tout dans des couleurs pops et un esprit vintage Seventies.

La maille, grande spécialité de la créatrice, a la part belle via des cardigans torsadés, des bonnets d’enfant tricotés, des robes moulantes à fines rayures, des jupes et mini-robes aux poches et ceintures surlignées de noir comme en trompe-l’œil, ou encore des pull-overs décorés de petites fleurs brodées, reprenant les motifs typiques tyroliens qui inspirent la marque depuis le début, mêlant folklore et modernité.

Diplômée de la Royal Academy of Fine Arts d’Anvers, fille d’une mère américaine et d’un père Italien, originaire de Rome, Jezabelle Cormio (31 ans) a lancé sa marque en 2019, après avoir enchaîné les collaborations, aidée par un ami investisseur et sa sœur Beulah, qui s’occupe du commercial. Depuis qu’elle s’est fait repérer par le directeur artistique de Gucci, Alessandro Michele, qui l’a invitée à son GucciFest et qu’elle a présenté sa collection en septembre dernier à Milan dans une mercerie, elle a décollé comptant une cinquantaine de revendeurs, dont 10 Corso Como.


Tokyo James, automne-hiver 2022/23 - DR


Avec Tokyo James, aussi, une bouffée d’air frais a déferlé sur les podiums milanais via une collection joyeuse et inventive, où la tradition des tailleurs de Savile Row se mélange au savoir-faire artisanal africain -toute la collection est réalisée au Nigéria-, avec pour la première fois une incursion dans la femme. Lorsqu’il a fondé sa maison à Lagos en 2015, l'Anglo-Nigérian Ineyie Tokyo James, qui vient d’être sélectionné pour les demi-finales du prix LVMH, a démarré en effet par le menswear.

D’abord orienté sur des études de mathématiques, effectuées à l'Université Queen Mary de Londres, il bifurque vers une carrière de stylist de mode travaillant pour diverses publications internationales et quelques marques, dont il a piloté les campagnes numériques (Brioni, Issey Miyake, Puma Black Label), tout en lançant la publication mensuelle digitale Rough UK.

Pour l’hiver prochain, il choisit la grenouille, connue pour sa résilience, comme symbole de cette reprise post-pandémie, mais aussi "parce qu’on la trouve partout dans le monde, elle représente donc l’unité", nous explique-t-il. Les batraciens multicolores grimpent sur des blousons en cuir, ou de longs manteaux et robes noirs, brodés sur la poitrine ou les poches. Ailleurs, ils sont disséminés en blanc sur un trench en cuir verni marine.

La tête hérissée de crêtes et pointes punk, avec aux pieds chaussures de footballeurs à crampons Nike, les hommes s’affichent avec des lunettes démesurées recouvertes de cuir ou de tissu lainé et portent des costumes tour à tour classiques, froncés dans des satins colorés, parcourus de guirlandes métalliques ou en laine bouclée jaune, tandis que les femmes optent pour des tenues sexy, tels ces ensembles en cuir et tulle ou en dentelle frangée de cordons colorés d’alpinisme, ou encore dans une sensuelle veste de smoking body se prolongeant en bandes virevoltantes.


Andreādamo, automne-hiver 2022/23 - DR

 
Andreādamo, qui a défilé pour la toute première fois, à l’occasion de cette Semaine Milanaise, exalte également la féminité, n’hésitant pas à dénuder les corps. "Le concept, c’est le nu universel. C’est de là que tout naît. Je travaille sur des tissus et mailles moulantes des différentes couleurs de la peau et sur des pièces sans taille, où sont abolies les frontières entre le vêtement et le corps, indique Andrea Adamo (38 ans).

Après l’Académie des Beaux-Arts à Bologne et un long parcours dans différentes maisons (Elisabetta Franchi, Roberto Cavalli, Zuhair Murad et Dolce & Gabbana), le styliste calabrais originaire de Crotone, s'est lancé en solo en septembre 2020 depuis Milan, où il s'est installé. Pour son premier show, il lance ses mannequins, ultra sexy dans leurs tenues courtes et moulantes, sous les arcades d’un cloître Renaissance, éclairé d'une lueur rouge dans une ambiance de discothèque.

Chaussées de cuissardes en cuir à talon aiguille rouges ou noires, les filles Andreādamo jouent les catwomen dans des combinaisons-cagoule en velours ou latex, ou en body très échancré. La maille, spécialité du styliste, domine via des jupettes à bandes paillettes, des pantalons ajourés, ou encore de mini robes laissant apparaître des lambeaux de peau à travers des fentes et ouvertures étudiées. Des robes bustier en jersey drapent la silhouette, tandis que de volumineuses manches en longs poils de chèvres lui donnent de l’allure.

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