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Cosmétiques : un monde pas aussi "enchanté" qu'il n'y paraît

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AFP
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31 janv. 2006

PARIS, 31 jan 2006 (AFP) - Le monde des cosmétiques n'est pas aussi enchanté qu'il veut bien le paraître : l'examen à la loupe des étiquettes des produits de beauté révèle des contenus aux substances dangereuses et aux noms barbares.


Photo : Martin Bureau/AFP

Parabens, phthalates, polyéthylène glycol, alkynophénols.. la liste de ces produits issus de la pétrochimie, utilisés massivement dans la cosmétologie et les produits d'hygiène courants, est longue et difficilement décryptable.

Ils peuvent, selon différentes études internationales, perturber les défenses naturelles, le système hormonal, la production de sperme, provoquer des dommages au foie, aux reins, des allergies. Les parabens, des conservateurs puissants, ont été associés dans une étude britannique au cancer du sein.

Les parfums, les filtres solaires, les déodorants, les rouges à lèvre, les colorants pour les cheveux de presque toutes les marques, sont particulièrement montrés du doigt.

Greenpeace a lancé Cosmetox, un guide des produits contenant ces composants inquiétants, pour alerter les consommateurs et obtenir des fabricants un changement de leurs formules, explique à l'AFP Yannick Vicaire, chargé de cette campagne.

La cosmétique peut être dangereuse "parce que, là, on est au contact avec le corps et ses points les plus perméables comme les aisselles, les lèvres", insiste le responsable de l'organisation de défense de l'environnement.

Message entendu rapidement par ceux qui basent leur communication sur les bienfaits de la nature comme l'Occitane, Body Shop ou Caudalie. Ils viennent de s'engager à éliminer de leurs produits les substances les plus dangereuses.

Bionatural, un petit laboratoire niçois, a lui aussi décidé de supprimer les parabens. "Les gens sont devenus très sensibilisés et très méfiants", indique Christian Démares pour expliquer son changement de cap.

De son côté, pour répondre à une demande nouvelle, la cosmétique naturelle, qui existe depuis les années 30 avec des produits allemands reconnus comme Weleda ou Dr Hauschka, se diversifie.

De nouveaux produits allemands, Logona ou Lavera, rivalisent avec les gammes françaises de Sanoflore, Atlantic nature, Jacques Paltz, Florame. Antafirma, laboratoire suisse, commercialise des produits bios élaborés à Madagascar.

Dans la veine équitable, Claudie Ravel a lancé avec succès Guyapi tropical, pour élaborer à partir de plantes cueillies par les Sataré Mawé, des Indiens d'Amazonie, une gamme de produits "au minimum bios et offrant une alternative commerciale".

Pour rassurer les consommateurs et les aider à choisir, des organismes de certification se sont créés, comme pour l'agriculture biologique. Il existe essentiellement trois labels en France : Cosmebio (association française de fabricants), BDIH (association allemande), et Nature et Progrès. Cette dernière, association de consommateurs, est indépendante des fabricants, donc plus exigeante.

Une journaliste d'investigation allemande, Rita Stiens, qui a publié "La vérité sur les cosmétiques" et prépare une suite "La vérité sur les cosmétiques naturels", a établi la liste de 1.200 composants les plus utilisés : un excellent guide pour faire le ménage parmi ses produits de beauté en fonction de la toxicité de leurs ingrédients.

"La cosmétique, mot d'origine grecque signifiant parure, c'est 90% de rêve et c'est nécessaire pour notre bien-être psychique. Les 10% restants, il faut que ce soit des ingrédients de qualité ayant fait preuve de leur innocuité", conclut Emmanuel Jaccaud, responsable de Nature et Progrès.

Par Béatrice BRETONNIERE

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