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Coup d'envoi des soldes d'hiver sur fond de doutes des professionnels

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AFP
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8 janv. 2014

PARIS, 08 jan 2014 (AFP) - Les soldes d'hiver débutent ce mercredi dans un contexte de pouvoir d'achat contraint et sur fond d'interrogations des professionnels sur la pertinence du système, devant la multiplication des promotions le reste de l'année.

Photo : AFP.

Les soldes, seul moment de l'année où les commerçants ont le droit de vendre à perte, se tiennent deux fois par an pendant des périodes de cinq semaines.

La période vise notamment à permettre aux commerçants d'écouler leurs stocks, afin de faire de la place pour la nouvelle collection.

Cet hiver, les soldes doivent durer du 8 janvier au 11 février, à l'exception de certains départements d'outre-mer ou frontaliers, comme la Lorraine, où elles ont débuté le 2 janvier.

Mais ces dates d'ouverture officielles sont depuis plusieurs années battues en brèche par différents systèmes parallèles - soldes flottants, réductions sur le deuxième ou troisième articles achetés, ventes privilège pour les porteurs de cartes de fidélité.

Cette année, le phénomène a été particulièrement marqué, avec des rabais proposés par les enseignes textile, comme Promod ou Maje, ou même les hypermarchés dans leurs rayons jouets, et ce même avant Noël. Suivis dès le 26 décembre par une avalanche de courriels et SMS promotionnels.

Mais dans ce contexte de "soldes quasi-permanents", difficile de séduire encore des clients, devenus de plus en plus exigeants.

"Les consommateurs ont pris l'habitude de tout acheter à prix barrés et sont devenus des négociateurs hors pair", souligne Daniel Wertel, président de la Fédération française du prêt-à-porter féminin.

Alors même si l'attachement à ce moment rituel des soldes est toujours présent - entre 70 et 95% des Français déclarent avoir l'intention de faire les soldes cet hiver, selon plusieurs sondages- l'engouement a tendance à s'amoindrir.

Cette année, les consommateurs seront particulièrement exigeants sur le niveau des baisses de prix.

Sept Français sur dix réclament des réductions d'au moins 40 à 50%, alors que 6% seulement sont prêts à se contenter d'une remise de 20%, la remise "traditionnelle" autrefois proposée les premiers jours.

Ils ne devraient pas être déçus. Les commerçants "ont compris que même si la durée légale des soldes est de cinq semaines, elles ne durent en réalité que les dix premiers jours. On ne peut plus faire comme avant avec une première démarque, puis une deuxième, etc. Il faut proposer des rabais importants dès le début", analyse le délégué général du Conseil national des centres commerciaux, Jean-Michel Silberstein.

Réductions en quasi permanence

Surtout que depuis six ans, la consommation de textile-habillement ne cesse de reculer, faisant les frais des arbitrages serrés de consommation.

Cette année, la saison d'hiver ne s'annonce guère meilleure avec deux mois d'entrée de saison "très difficiles" (-5,6 et -4,3% en septembre-octobre) et des ventes de Noël "moroses" à peine compensées par un bon mois de novembre (+7%) dopé à coups de promotions.

Beaucoup de professionnels s'interrogent sur ce système, qui les contraint à proposer des réductions quasiment en permanence pour attirer les consommateurs et soutenir les ventes.

Surtout que depuis plusieurs années, la météo a tendance à se jouer des saisons avec des températures souvent douces, voire estivales en début de saison.

"Comment voulez-vous avoir envie d'acheter des doudounes quand il fait 15 degrés ? " s'interroge Bernard Morvan de la Fédération nationale de l'habillement.

"On se retrouve à devoir solder des produits de plus en plus tôt, alors que la saison démarre, elle, de plus en plus tard", renchérit Jean-Marc Genis de la fédération des enseignes de l'Habillement.

A son image, certains n'hésitent pas interpeller le gouvernement pour lui demander de revoir totalement la réglementation autour des soldes, notamment pour réclamer une harmonisation européenne.

Pour la ministre du Commerce, Sylvia Pinel, cette question d'une date commune de début des soldes au niveau européen mérite d'être posée.

Il n'est toutefois pas question pour le gouvernement de remettre à plat tout le système actuel, qui assure selon elle, une "une équité pour tous les commerçants" et une bonne "lisibilité pour les consommateurs", dont il important de maintenir le pouvoir d'achat en cette période de crise.

Par Delphine PAYSANT

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