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Covid-19: quelles répercussions pour les commerçants français?

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1 oct. 2021

Sollicitant treize de ses fédérations adhérentes (dont Procos, la Fédération nationale de l'habillement et la Fédération française de la franchise), le Conseil du commerce de France a souhaité dresser un panorama des conséquences de la crise sanitaire sur l'activité des points de vente non alimentaires de l'Hexagone. L'étude, réalisée du 8 au 31 juillet dernier, se concentre tout d'abord sur les répercussions économiques: leurs ventes ont chuté en moyenne de 13% en 2020, et de 6 à 7% au premier semestre 2021. Sur les six premiers mois de l'année en cours, 75% des magasins ont subi une fermeture, d'une durée moyenne de deux mois et neuf semaines.


Shutterstock


Les pertes de chiffres d'affaires se révèlent hétérogènes selon les secteurs: "Jardinerie et bricolage progressent à l’opposé de l’équipement de la personne dont la quasi-totalité des magasins ont subi une fermeture, précise le Cdcf. L’écart de tendance est de l’ordre de 10 points entre les commerces ayant fermé et ceux restés ouverts sur la totalité de la période".


Evolution du chiffre d'affaires en 2020 (comparé à 2019) - Cdcf


D'autre part, les commerces fonctionnant en réseau ont mieux résisté que les indépendants au premier trimestre 2021. "Mais la plus grande différenciation se fait toujours au détriment du commerce dit 'non essentiel', dont 40 % des points de vente subissent une dégradation de plus de 20 % de leur chiffre d’affaires". Au deuxième trimestre 2021, le repli est moins important, avec un tiers des points de vente qui enregistrent un recul de plus de 20%.

Ces baisses d'activité ont déclenché des problèmes de trésorerie pour la moitié des sondés. Les stocks trop importants (45%) et l'augmentation de l'endettement (39%) sont deux autres impacts cités.

Les capacités d'investissement sont également touchées: 40% des répondants signalent un report des investissements, et 32% indiquent un vrai coup de frein à leur développement. Toutefois, la moitié des commerçants ont pu accélérer leur digitalisation pendant la période, cela concerne surtout le click&collect et la livraison à domicile (mais cela ne représente que 5 à 6% de leurs ventes).


Impacts de la crise sur les différents aspects financiers - Cdcf

 
"Concernant le secteur de l’habillement, 77% de ces commerces ont dû faire face à des stocks trop importants et 56% restent inquiets sur leur capacité financière à renouveler leur stock en vue des prochaines collections", pointe le rapport, qui indique d'autre part que 69% des commerçants ont eu recours au prêt garanti par l'Etat et à l'activité partielle pour passer la crise, tandis que 61% ont sollicité le fonds de solidarité.
 
Les ressources humaines ont aussi pâti de la crise. 20% des entreprises sondées disent avoir été contraintes de réduire leurs effectifs, et plus de 70% ont renoncé à recruter. Tous ces éléments influent évidemment sur la santé physique et psychologique des effectifs du secteur commercial. "Plus du tiers d’entre eux ont dû faire face à des périodes de stress intense, de Covid et de dépression", alerte l'enquête.


Quel délai pour retrouver une activité "normalisée"? - Cdcf

 
Se projetant dans le futur, 60% de sondés (et même 70% pour le secteur de l'habillement) jugent qu'il leur faudra au moins un an pour retrouver une activité économique stable.

"Quand on les interroge sur les mesures nécessaires selon eux pour retrouver une situation économique viable, ils souhaiteraient une annulation d’une partie des dettes fiscales (74%) et des PGE (66%) mais également la mise en place de mécanismes de soutien aux investissements ou encore un dispositif visant à compenser la dépréciation des stocks", conclut le Cdcf.

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