Givenchy projette son homme dans le futur à Florence

Invitée d’honneur du Pitti Uomo, Givenchy a frappé un grand coup mercredi soir avec un show punchy immergé dans la végétation luxuriante d’un immense parc. Celui de la Villa Palmieri, édifice du XIVe siècle se dressant sur les collines plantées d’oliviers de Fiesole, non loin de Florence, avec 25 hectares de jardin. Clare Waight Keller, la directrice artistique de la griffe parisienne du groupe LVMH, ne pouvait rêver d’un décor plus suggestif pour dévoiler sa première collection masculine à part entière.


L'homme de Clare Whaight Keller oscille entre passé et futur - Givenchy

Alors que les invités ont été disséminés un peu partout, installés sur des chaises de jardin jusque dans les endroits les plus reculés du parc, sous des tonnelles, près d’une pièce d’eau ou encore le long d'allées semées de gravier, l’on entend soudain quelqu’un composer un numéro de téléphone puis égrener des nombres à l’infini sur une musique techno.

Dans la lueur du crépuscule, les premiers mannequins déboulent à un pas cadencé, se faufilant entre palmiers, magnolias et citronniers, le long des haies basses et bien coupées, avant de terminer leur marathon en remontant une pente douce en pelouse pour disparaître dans un bosquet.

L’homme Givenchy est svelte et sportif, parfaitement équipé pour cet exercice. Pas de souliers classiques pour lui, mais des sneakers aux allures de chaussons de plongée, des boots de rangers ou des baskets blanches qui lui confèrent d’emblée une attitude sportive, complétée par des lunettes de soleil d’aviateur et de grosses chaînes portées à la ceinture.

Il est agile dans des anoraks-gilets taillés dans des tissus coréens ultra-légers métalliques et brillants. Il porte aussi des coupe-vent parachute qui l’enveloppent avec délicatesse. Les parkas en nylon velours sombre et les longs impers luisant au bleu profond des fonds marins à l’aspect presque liquides sont particulièrement désirables.

Mais cette collection pour le printemps-été 2020 ne propose pas que du sportswear. Loin de là. Des manteaux en brocart argenté apportent une touche de luxe à l'ensemble, tandis que les costumes sont nombreux, déclinés dans différents volumes : courts et plus près du corps, ou avec des maxi-vestes et des pantalons amples évasés.

Clare Waight Keller a travaillé notamment sur le pantalon, pièce phare du vestiaire masculin, qu’elle a déclinée en une dizaine de typologies, tandis que la veste est déstructurée avec un grand retour du modèle à trois boutons avec des épaules souples, où se fait sentir une forte influence des années 1990, période qui obsède particulièrement la créatrice britannique.


La collection homme pour le printemps/été 2020 marque le retour de la veste à trois boutons - Givenchy

En fait, c’est une sorte de voyage dans le temps et à travers le monde auquel nous convie Clare Waight Keller. Du XIXe siècle à l’ère digitale, de Paris aux collines florentines. S’inspirant à la fois des Fleurs du mal de Baudelaire avec un côté poète maudit, comme l’illustre cet imper mastic porté torse nu sur un pantalon noir, une fine écharpe nouée autour du cou, et d’un street style bien ancré dans son temps, la designer esquisse son homme à travers 60 looks masculins, dont certains sont endossés par des femmes.

« L’homme Givenchy est une fusion de différents styles, à la fois dark et romantique, avec une touche d’aristocratie british et en même temps une attitude moderne. Sans oublier l’élément poétique. Mais c’est aussi un homme éclectique et chaque silhouette a sa propre attitude », conclut-elle, alors que les grands ballons blancs lumineux flottant au-dessus des arbres se teintent de rouge et que la musique s’amplifie pour une nuit festive qui s’annonce longue.

Avec ce show qui restera dans les mémoires, Pitti Uomo et Florence ont offert une occasion unique à Givenchy pour mettre son homme en avant, avant qu’il ne réintègre le calendrier parisien en janvier 2020. Avec son menswear, la maison compte se projeter dans l’avenir, proposant en particulier des collaborations avec d'autres marques emblématiques, comme le fabricant de chaussures japonais Onitsuka Tiger avec qui la griffe française s'est associée cette saison pour revisiter le célèbre modèle de sneakers « Mexico 66 », dont deux versions, noire et blanche, ont été dévoilées durant le défilé et seront commercialisées dès ce jeudi.

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