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22 mai 2014
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Industrie textile: quels impacts a eu la révolution numérique ?

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22 mai 2014

Le 21 mai, l'Union des industries textiles (UIT) tenait son assemblée générale au siège du Medef. L'occasion d'une table-ronde entre professionnels autour de l'impact de la révolution numérique sur une industrie qui s’est rapidement approprié visualisation 3D, PLM, ERP et autres EDI. Autant d’investissements qui sont cependant liés aux réalités économiques.

lectra.com


Directeur général de Rica Lewis, Dominique Lanson raconte ainsi le long travail de la marque sur les RFID (identification par radio-fréquence). "Nous avons équipé nos vendeurs de raquettes connectées, qu’il suffit de passer en rayon et dans les stocks pour lister les produits", explique-t-il. "C’est un gain de temps considérable, de 30 % pour un inventaire, ce qui laisse du temps pour d’autres tâches aussi importantes. Cela rapporte du volume". Hélas, Rica Lewis fut comme toute la profession confronté à la flambée des prix du coton. Poussant l’entreprise à mettre ce développement d’avenir en stand by.

"Les 30 centimes par produit demandés par le prestataire n’étaient plus tenables", regrette Dominique Lanson. "Mais ces éléments sont amenés à refaire surface. Nous travaillons notamment avec l’université de Nice sur les tags virtuels, qui permettront au consommateur d’avoir toutes les données d’un produit via son smartphone".

Détenteur du label Vosges Terre textile, la société Bleu Forêt a également vu dans la technologie une possibilité de meilleur rendement. "Nous avons connu dans une vie antérieure l’information maison. Or ce n’est pas notre métier. Ce n’est pas à l’entreprise de s’adapter à l’outil informatique, mais l’inverse", souligne François Cure, son directeur général. Ce dernier pointe ainsi la nécessité désormais évidente de calculer rapidement les prix de revient, notamment via les EDI (échanges de données informatisées). Jouent également un rôle prépondérant les ERP (planification des ressources de l'entreprise). "La grande distribution ne sait pas ce qui se passe dans ses magasins avec nos produits", indique François Cure. "Aujourd’hui, nous sommes en mesure de leur dire précisément ce qui se passe avec nos productions, et de proposer des plans d’assortiments linéaires adaptés".

C’est peu avant les années 2000 que le groupe Eminence a développé ses outils PLM (gestion de cycle de vie du produit). L’occasion d’une accélération non négligeable des process entre les différents services. Notamment, là encore, dans la présentation et la validation des offres auprès des commanditaires. "Aujourd’hui, notre nouveau projet est l’infographie virtuelle", indique Joseph Serres, directeur général industriel du groupe. "Un styliste peut faire un dessin et l’envoyer directement à l’imprimeur", indique-t-il. "Ce qui est bien plus réactif que le long travail nécessaire par le passé. "Le but est de pouvoir créer des gabarits 3D de nos modèles, pour les présenter sur tablettes et autres à nos clients. En internalisant le process, en faisant travailler ensemble nos différentes équipes, on améliore la réactivité, mais on diminue surtout les coûts".

Spécialiste français des solutions techniques, Lectra a progressivement renouvelé un tiers de ses équipes afin d’intégrer ces nouveaux savoir-faire, et dopé de 20 % ses équipes créatives. "Il ne peut y avoir d’évolution sans investir dans la création" pour son directeur du marketing, Philippe Ribera.

"L’une des principales idées, à l’heure actuelle, est ce que nous appelons la "révolution de la 3D. Car la 3D a vocation à devenir le nouveau langage universel de la mode", souligne-t-il. Plus facile à comprendre que les dossiers nappés de spécifications techniques, la visualisation dimensionnelle a cependant ses limites. "Comment garantir la justesse des couleurs sur cette imagerie ?", s’interroge Carine Andrès, responsable de la Maison du Savoir-Faire et de la création. "On ne peut le garantir à 100 %, car cela dépend du support sur lequel vous visionnez", concède Philippe Ribera.

Et l’impression 3D ? Au-delà de l’engouement déclenché par cette technologie, et les craintes soulevées en matière de copyright, son utilisation en l’état dans l’industrie textile semble limitée. "Pour faire le prototypage de certains produits, dans la maroquinerie notamment, je suis d’accord sur le potentiel", indique Philippe Ribera. "Mais je reste dubitatif sur le fait que le prêt-à-porter puisse passer par ce biais. Mais il faut se montrer humble", prévient le responsable de Lectra, qui rappelle les erreurs de jugement jadis commises par son entreprise face à de nouveaux modes de production.

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