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19 juil. 2016
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Karine Van Tassel (Spinexpo) : "Un salon, c'est des dates, une offre et une philosophie"

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19 juil. 2016

Les 6 et 7 juillet, le rendez-vous chinois Spinexpo s’offrait à Paris sa 3ème mouture après Shanghai et New York, réunissant 75 exposants chinois, mais également japonais, taïwanais ou encore américains. Le rendez-vous des fils, fibres et mailles entend cultiver en Europe sa différence via une approche communautaire tranchant avec les salons textile européens. Karine Van Tassel, sa fondatrice, livre sans langue de bois sa vision du rôle d'un salon et la force du sien (lire l'interview dans son intégralité sur FashionMag Premium).

Spinexpo Paris, au sein de la Cité de la Mode et du Design (Paris XIIIe) - M.Guinebault


FashionMag : Qu’est-ce qui fait la spécificité de Spinexpo en tant que salon ?

Karine Van Tassel 
: Spinexpo a été depuis le début une histoire de partenariat. Toutes ces sociétés que vous voyez sur le salon sont des sociétés que j’ai recrutées, qui étaient au départ de petites structures sans aucune image de marque, avec de beaux produits potentiels, mais aucune idée de gamme de couleur ou autre. On les a fait passer d’être rien à être aujourd’hui des acteurs mondiaux. Le salon s’est basé sur l’idée qu’il n’y a pas de drapeau, d’association textile (même chinoise), avec l’idée de montrer que, quand on fait un produit de qualité haut de gamme à forte créativité, on peut être copains entre concurrents. La diversification fait la force. Et ce salon à Paris est le fruit de 14 ans de travail menés en Chine.

FM : Pourquoi ce choix de venir en France ?

KVT : Parce qu’il y a une demande. Et que c’est le moment. Nous sommes allés à New York quand il y a eu une demande des exposants pour se faire accompagner aux Etats-Unis autrement qu’en se retrouvant sans visibilité sur un salon existant, du type « Donnez-nous vos sous et ne venez pas vous plaindre si vous ne vendez pas ». Nous, quand un exposant ne vend pas, nous en sommes très malheureux, car le travail n’a pas été bien fait. C’est ce qui fait que, sur nos salons, 90 % des exposants travaillent, ce qui explique qu’ils reviennent autant. Le lien n’a pas d’importance, pour un salon : un salon, c'est des dates, une offre et une philosophie. C’est comme cela que nous nous sommes façonnés. Et notre plus grande victoire est notre relationnel avec nos exposants.
 
FM : Songez-vous à décliner le salon dans d’autres villes ?

KVT : Non. J’ai mon salon de Shanghai, mon flagship, le salon de référence dans le monde sur 17 000 m², les meilleurs exposants, des tendances que tout le monde vient voir… Celui-ci marche tout seul et nous poussons les murs. C’est un des rares salons organisés par des non-Chinois qui marche bien. Il y a des beaucoup plus gros qui marchent bien moins. Cela veut dire que notre travail a une valeur de symbole : ce n’est pas en rackettant les gens en disant « c’est 700 euros du mètre carré puis débrouillez-vous » que cela marche. Cela marche quand on accompagne les gens et leur produit pour voir avec eux comment le présenter et le vendre à cet endroit.

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