×
Publié le
19 mars 2009
Temps de lecture
3 minutes
Partager
Télécharger
Télécharger l'article
Imprimer
Cliquer ici pour imprimer
Taille du texte
aA+ aA-

La Couture de Franck Sorbier s'expose à Lyon

Publié le
19 mars 2009

Magistrale. Et pour cause, l’exposition couvre ses dix ans de haute couture. Pour la première fois, le travail titanesque de Franck Sorbier est mis en scène dans "La Couture, Corps et Âmes". Rendez-vous donc jusqu’au 20 septembre au Musée des Tissus de Lyon pour une plongée au cœur de son univers créatif et de son savoir-faire.


Créations Franck Sorbier - Photos : Patrick Gries

Un aboutissement ? « Oui et non, répond le couturier. Certes, c’est dix ans de Haute Couture, et vingt de création, une période importante dans une vie, mais la création a encore d’autres ressorts ». Il s’agit surtout d’un voyage imaginaire qui met tous les sens en éveil, aux couleurs aussi psychédéliques que vaporeuses, entre extravagance et onirisme, sophistication et poésie. Une escapade dans le passé aussi, qui surprendra pourtant par son actualité. Mais comme le créateur le précise, « la Haute Couture est intemporelle, comme les femmes qui la portent.»

De pièce en pièce, le visiteur est guidé « de l’ombre à la lumière ». Avec Isabelle Tartière, Franck Sorbier signe l’entière scénographie, du décor des vitrines aux murs du musée recouverts de tissus, des jeux de lumières aux sons.


Création Franck Sorbier - Photo : Patrick Gries

La maison a ainsi réuni les créations les plus iconiques de ses collections. Cent soixante-dix au total, certaines inclassables témoignant aussi de tous les débordements dont il peut être capable. Comme cette veste inspirée de Jimmy Hendrix commandée par Johnny Hallyday pour un concert. Les perles brodées ruissellent sur le buste comme une pluie de mousson pour former un chef d’œuvre. Ou encore le manteau bordeaux recouvert d’oiseaux et de fleurs intitulé "La flûte enchantée". Façonné en velours de soie, brodé de perles de Tahiti cousues de fils d’or, il offre un cliché rare. On perçoit presque l’angoisse du passionné, celle qui le pousse à aller plus loin.

Le couturier puise ainsi dans le monde qui l’entoure pour poser les jalons de ses collections. Un vers de Paul Eluard par exemple, « La terre est bleu comme une orange » qui siège à l’entrée de la salle "La Planète bleue". Le temps qui passe aussi, à l’origine de la collection Requiem. Celui que l’on appelle Poète de la couture depuis ses débuts semble raconter par le tissu des histoires extraordinaires. Ses alexandrins sont remplis de perles, cousus de fils, couchés sur des velours de soie ou de l’organza.

Les créations se succèdent ainsi derrière les vitrines, dont certaines s’illuminent au passage de l’observateur, sans jamais se nuire. Vestes, robes, capes, manteaux, s’exposent à la manière d’œuvres d’art, exhumées pour la plupart des collections privées, d’autres du Musée du textile de Saint-Étienne ou encore des ateliers de Franck Sorbier.


Créations Franck Sorbier - Photos : Patrick Gries

Quelques pièces de prêt-à-porter se sont glissées dans le lot, témoins de la richesse artistique dont est doté le couturier. C’est ainsi que l’on découvrira la « tenue » entièrement faite de franges peintes main commandée par General Motors pour habiller ses hôtesses lors d’événements.

Face au bustier de fleurs en paillettes et perles, on imagine aisément les « petites » mains des ateliers cousant, décousant, brodant pendant plusieurs centaines d’heures. Par ces pièces, Franck Sorbier a aussi souhaité capter l’attention sur les artisans d’art. Et l’exposition parrainée par François Lesage, Raymond Massaro, Jean-Claude Renaud et Frédéric Champavère en livre sans conteste une belle leçon.

Tous droits de reproduction et de représentation réservés.
© 2022 FashionNetwork.com