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13 juil. 2021
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Les consommateurs américains se serrent la ceinture, les prix bondissent encore

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AFP
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13 juil. 2021

Les prix ne cessent de grimper aux Etats-Unis, et ont connu en juin leur plus forte hausse en 13 ans, renforçant les inquiétudes sur le caractère durable de cette inflation alors que les consommateurs américains voient leur pouvoir d'achat s'éroder.


Des voitures d'ocasion à vendre à New York, le 29 septembre 2020 / - AFP/Archives



Les yeux sont, plus que jamais, tournés vers la Banque centrale américaine (Fed): ses responsables continueront-ils à assurer que cette hausse des prix n'est que temporaire?

L'inflation s'est en effet accélérée en juin, pour atteindre +5,4% par rapport au mois de juin 2020, et +0,9% par rapport au mois dernier, selon l'indice CPI publié mardi par le département du Travail.

La reprise de la demande aux Etats-Unis et les difficultés mondiales d'approvisionnement tirent les prix à la hausse depuis plusieurs mois, mais ce nouveau bond est plus fort qu'attendu.

En excluant les prix volatils de l'alimentation et de l'énergie, l'inflation dite sous-jacente connaît sa plus forte hausse en 30 ans (4,5%).

Comme en mai, les prix de l'essence et des voitures d'occasion ont particulièrement augmenté sur un an, respectivement de 45,1% et 45,2%. La demande reste très forte pour les voitures d'occasion, car les loueurs automobiles reconstituent leurs flottes après la pandémie, mais aussi à cause de la pénurie de semi-conducteurs qui ralentit la production de voitures neuves.

Pas de spirale inflationniste



"Nous pensons qu'il s'agira du pic du taux d'inflation annuel car les effets de comparaison élevés s'atténueront au cours des prochains mois", commentent les économistes Kathy Bostjancic et Gregory Daco, d'oxford Economics.

L'augmentation est, en effet, d'autant plus forte qu'il y a un an, les prix commençaient à peine à se redresser après avoir plongé à cause des premières mesures de confinement, créant un effet de comparaison très défavorable.
Mais attention, alertent-ils, il faudra continuer à mettre la main au portefeuille, car la reprise économique maintiendra une demande élevée, et les goulets d'étranglements persisteront sur la chaîne d'approvisionnement.
Ils prévoient une inflation supérieure à 2% jusqu'en 2022.

De nombreux économistes pensent en effet que cette hausse des prix, bien que très forte, ne durera que quelques mois, et n'est pas annonciatrice d'une spirale inflationniste, comme ce fut le cas dans les années 70 et 80.

"Pour les responsables de la Fed, le message sur (l'aspect) transitoire pourrait devenir plus difficile à tenir si la hausse des prix continue de surprendre, même s'ils reflètent des facteurs susceptibles d'être temporaires", souligne ainsi Rubeela Farooqi, cheffe économiste pour HFE.

Jerome Powell auditionné



Le président de la puissante Réserve fédérale américaine, Jerome Powell, devrait être interrogé sur le sujet par les parlementaires américains, mercredi et jeudi lors de ses auditions semi-annuelles devant la Chambre des représentants et le Sénat.

Les responsables de la Fed avaient reconnu, lors de leur dernière réunion monétaire, mi-juin, avoir été surpris par l'ampleur de la hausse des prix.
Pour autant, ils martèlent, depuis des mois, qu'il n'y a pas lieu de s'inquiéter. Ils craignent aussi de compromettre le caractère durable de la reprise économique en resserrant trop tôt leur politique monétaire. Ils assurent également qu'en dernier recours, ils ont des outils pour empêcher l'inflation de continuer à s'envoler.

Ils veulent ainsi voir le retour du plein emploi, et une inflation qui soit supérieure à leur objectif de 2% pendant "un moment", avant de s'y stabiliser. "Clairement nous n'avons actuellement pas réalisé" les progrès attendus, avait ainsi souligné lundi le président de la Fed de New York, John Williams.

Un autre indice mesurant l'inflation, l'indice PCE, celui que suit la Fed, s'est accéléré en mai, grimpant à 3,9%, mais a, sur un mois, ralenti à +0,4%.
Le taux de chômage était de 5,9% en juin, toujours bien plus élevé que les 3,5% d'avant la crise. Et, malgré les 850.000 emplois créés au cours du mois, il en manque toujours près de 7 millions.

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