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7 janv. 2015
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Les soldes d'hiver démarrent, mais leur pouvoir d'attraction s'émousse

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AFP
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7 janv. 2015

Les soldes d'hiver démarrent ce matin pour six semaines, même si cet événement n'est plus aussi attendu qu'auparavant par les consommateurs, habitués à faire des bonnes affaires toute l'année à la faveur de promotions quasi constantes notamment dans le textile-habillement.

Archivo


Le coup d'envoi officiel est donné par la secrétaire d'Etat au Commerce, Carole Delga, à 8H00 dans les grands magasins parisiens.

Seule période où les commerçants ont le droit de revendre à perte, les soldes se termineront le 17 février.

Mais l'intérêt des consommateurs pour cet événement, autrefois très attendu, semble s'être quelque peu émoussé depuis quelques années.

La faute principalement à la multiplication des périodes de promotions hors soldes par des commerçants qui tentent par tous les moyens d'attirer des clients au pouvoir d'achat de plus en plus contraint.

Cette saison, les réductions hors soldes ont été particulièrement nombreuses. Avant même les périodes de "pré-soldes" au travers de ventes privées et offres privilèges à gogo, les consommateurs se sont vu offrir des rabais, dès novembre avec le Black Friday, qui se sont ensuite poursuivis tout le mois de décembre.

Désormais, dans le secteur de l'habillement, les achats en promotion représentent 40% du marché contre 25% en 2000, note le Credoc.

Et cela "désacralise progressivement le rôle des soldes", note Aude de Moussac, experte consommation chez Kurt Salmon.

Ces soldes apparaissent pourtant, aux yeux de certains, comme le seul moyen de sauver une saison d'hiver calamiteuse pour le prêt-à-porter, du fait notamment d'une météo trop douce.

Les stocks de grosses pièces d'hiver (doudounes, pulls) se sont ainsi accumulés dans certaines boutiques.

La fraicheur, réapparue récemment, devrait toutefois permettre d'écouler ces pièces et de doper les soldes, estime Agnès Vigneron, directrice des Galeries Lafayette.

"L'attente du premier jour n'est plus la même, les gens ne prennent plus forcément une journée de congés, mais sur les quatre premiers jours, l'affluence est encore là", explique-t-elle.

Une confiance que partage Pierre Pellarey, directeur du Printemps. "Les soldes se présentent plutôt pas mal. Il y a sans doute un peu de prudence (...), beaucoup de comparaisons de prix, mais le rendez-vous reste traditionnel (pour les Français). Après c'est à nous de créer une expérience client digne de ce nom", a-t-il indiqué mardi soir sur BFM Business.

Pour tenter de réenchanter l'événement, les Galeries Lafayette offraient via un concours la possibilité à six clients de dormir dans le magasin la nuit précédant l'ouverture et de profiter en avant-première des réductions.

CDiscount et Darty misent, eux, sur des rabais particulièrement importants, avec des -70% pour le premier et jusqu'à -80% pour le second. Dans une volonté de vraiment se démarquer, CDiscount a été jusqu'à afficher -110% (sous forme de remboursement en bons d'achat) depuis le 30 décembre.

Les e-commerçants se montrent aussi optimistes, les soldes leur permettant en moyenne de réaliser des ventes 39% supérieures au reste de l'année, selon Criteo. Brandalley s'attend à une hausse des commandes de 20% le premier jour et PriceMinister prévoit une croissance de 54,9%.

Internet est prisé pendant cette période, pour le choix et le confort qu'il offre. Selon un sondage Ifop pour Spartoo, 40% des consommateurs considèrent qu'il s'agit du "lieu idéal pour réaliser les meilleures affaires". 25 millions de Français y sont attendus pendant ces soldes, estime la Fevad.

Côté commerçants indépendants en revanche, on est nettement plus pessimistes.

"Si on est en réductions permanentes toute l'année, comment voulez-vous que les gens se déplacent encore en masse pour les soldes ?", s'interroge Bernard Morvan, de la Fédération nationale de l'habillement.

Pour lui, soldes ou pas soldes, la saison est mauvaise et le restera.

Si 76% des Français feront les soldes cette année, beaucoup ont aussi annoncé qu'ils réduiraient leur budget. Selon l'Ifop, les Français dépenseront en moyenne 172 euros pour ces soldes, contre 182 pour les soldes d'été, et 205 euros l'an dernier.

La faute à la crise - 73% vont se contenter de faire des achats utiles, délaissant la dimension plaisir de l'événement - mais également à une certaine désaffection: 32% des consommateurs interrogés par radins.com estiment que les produits intéressants ne sont pas soldés, et 14% déclarent ne jamais trouver ce qu'ils souhaitent pendant les soldes.

Par Delphine PAYSANT

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