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Clémentine Martin
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21 févr. 2022
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London Fashion Week: Simone Rocha, 16Arlington et Yuhan Wang

Traduit par
Clémentine Martin
Publié le
21 févr. 2022

L’émotion était palpable à Londres dimanche, quand 16Arlington a présenté la dernière collection de la regrettée Federica Cavenati. Simone Rocha, elle, a dévoilé sa collection dans le Great Hall de The Honourable Society of Lincolns Inn.
 

Simone Rocha



La créatrice irlandaise Simone Rocha a révélé ses dernières idées dans le Great Hall de The Honourable Society of Lincolns Inns, l’un des « Inns of Court » (centres de formation pour les avocats et juristes), un bâtiment construit en 1422. Dimanche soir, le jury s’est montré unanime : encore une collection remarquable.
 
Présentée dans la pénombre sous des vitraux aux dimensions impressionnantes, la collection de Simone Rocha est sombre, ose les assemblages extrêmes et les jeux de proportions brillants.


Collection de Simone Rocha pour l’automne/hiver 2022, présentée à Londres - DR


Ses éléments favoris n’ont pas disparu : les robes victoriennes en coton blanc, les volants exagérés, les vestes en cuir punk, les kilomètres de taffetas et les débauches de perles sont bien là.
 
"Deux fils, deux filles. Une sombre complainte. Des ailes brisées en taffetas, et une exploration des manteaux et de ce qu’ils cachent. Une lignée et des couvertures matelassées. Des sequins amers et du velours bleu", profère Simone Rocha dans les notes lapidaires de présentation de son défilé.

Elle s’attaque cependant à de nouveaux défis avec des robes-nuisettes semi-transparentes portées sur des micro-pulls torsadés coupés comme des brassières, avec des collants noirs émaillés de perles. Le romantisme de Simone Rocha devient plus maléfique et plus pointu.
 
Bon nombre de mannequins portaient des cagoules bordées de perles, coiffées d’immenses tresses balayant le sol. Elles étaient souvent chaussées de baskets compensées d’un blanc immaculé, paraissant taillées dans le plâtre parisien.
 
Le tout sur la bande-son la plus remarquable de Londres pour le moment, avec une merveilleuse réinterprétation de Sinead O’Connor que l’on doit à l’architecte sonore Frédéric Sanchez.

En résumé, une collection d’une grande mélancolie, légèrement perturbée et tendance. Le Grand Jury de la mode, au premier rang, a rendu son verdict : un tonnerre d’applaudissements.
 

16Arlington



L’émotion était palpable dans le public lors de la révérence de Marco Capaldo, qui a salué seul à la fin du défilé de 16Arlington après avoir présenté la dernière collection sur laquelle il a travaillé en collaboration avec sa partenaire décédée, Federica ‘Kikka’ Cavenati.


Collection automne/hiver de 16Arlington, présentée à Londres - 16Arlington


En décembre, Federica Cavenati s’est éteinte des suites d’une maladie fulgurante. Les caprices du destin ont mis fin à la carrière d’une créatrice immensément talentueuse, qui possédait déjà une vision particulière et unique de la mode à 28 ans seulement.
 
Marco Capaldo a reçu une standing ovation pour cette collection automne, très représentative de la personnalité unique de 16Arlington et de son glamour moderne. Les micro-sequins se retrouvent sur des boléros douillets, des débardeurs, de longues robes fourreau et même des sabots en sequins.
 
Sexy sans basculer dans la vulgarité, les bustiers à encolure bardot et les mini-jupes en micro-daim côtoient des vestes élisabéthaines en maille et des chaussettes montantes.
 
Mais les pièces les plus remarquables sont sans doute les tops tie-dye tendance, les pantalons évasés et les mini-cardigans, ainsi que les vestes et les tailleurs en velours moiré. Les pantalons boyfriend aux lignes nonchalantes, aux superbes volumes, font aussi forte impression, complétés par des broderies en perles miniatures évoquant des toiles d’araignée.
 
Les mannequins évoluaient chaussées de sabots cloutés à plateforme dans la Yeomanry House à Bloomsbury, sur un fond de musique électronique mordante de Logarithmic Spiral.
 
Avant l’apparition de Marco Capaldo, salué par une standing ovation. Un final d’une immense tristesse, rendant hommage à une collection impressionnante qui a rappelé à tous les spectateurs l’immense potentiel de Kikka.

Yuhan Wang



London Fashion Week aime les excentriques : plus ils sont farfelus et mieux c’est. Yuhan Wang l’a bien compris, avec une nouvelle collection à propos de la beauté de l’imperfection.
 
Toutes les matières étaient complètement inattendues. Des mètres de faux cuir, surimprimé d’immenses feuilles, de chats et chatons tigrés, souvent perforé. Le tout mélangé avec des jacquards floraux et des brassées de dentelle, que l’on retrouvait sous forme de chaussettes et de bottes, sans même parler des mules ultra-velues en fausse fourrure.


Collection automne/hiver 2022 de Yuhan Wang à Londres - Yuhan Wang


Une véritable leçon d’excentricité. Le meilleur look reste une veste en faux cuir beige, hyper perforée d’un dessin de feuille, portée sur des collants blancs en dentelle prolongés par des escarpins beiges. Séduisant et d’une étrange beauté.
 
La plupart des looks, cependant, ne fonctionnaient pas vraiment, comme le top en maille verte et le pantalon cousu d’une broderie jamais terminée d’un chat tigré, un peu trop loufoque. Les silhouettes manquaient de clarté et étaient parfois confuses, comme celle d’une robe façon Jane Austen à taille empire en jacquard écru, qui semblait alourdir la mannequin d’une dizaine de kilos.
 
Mais l’excentricité est de mise cette saison, et au final, cette collection paraissait plutôt en accord avec l’ambiance générale à Londres.

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