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Luxe : maroquinerie et joaillerie vont tirer la croissance en 2020

Publié le
today 4 déc. 2019
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Le secteur du luxe devrait continuer à croître en 2020, selon une étude établie par Altagamma. A l’occasion de son 18e Observatoire, l’association réunissant les grands noms du luxe italien a dévoilé la semaine passée, à Milan, ses prévisions pour l’année prochaine, confirmant la tendance observée sur le marché du luxe en 2019.
 

La maroquinerie aura encore le vent en poupe en 2020 - Louisvuitton.com


Selon l'étude présentée à cette occasion par le cabinet Bain & Company, réalisée en partenariat avec Altagamma, le marché mondial des biens de luxe s’est élevé à 281 milliards d'euros en 2019, en hausse de 4 % à taux de change constant (+7 % à taux courant) par rapport à 2018. En 2020, ce rythme devrait se poursuivre, à en croire le rapport d'Altagamma, synthétisant l’avis de 22 analystes, qui pour la première fois différencie les montres des bijoux, les chaussures des vêtements et interroge les nationalités des consommateurs plutôt que les traditionnelles régions géographiques.
 
Alors qu’il y a encore quelques années il enregistrait les plus fortes croissances, l’habillement est en net ralentissement avec des ventes qui ne devraient progresser que de 3,5 % en 2020, contre +6 % pour les ventes d'accessoires en maroquinerie tirés par les achats des hommes, en forte hausse, et les achats des consommateurs issus des marchés émergents ainsi que de la Chine.

Une hausse des ventes de 5 % est attendue pour la catégorie des chaussures, portée par la montée en puissance des modèles sportifs et par les collaborations entre marques de luxe et de streetwear. La même croissance est prévue par le comité pour la joaillerie et la beauté, tandis que les ventes des montres restent en bas de tableau avec un +2,5 %.
 

Les clients chinois fortunés toujours plus nombreux



Du côté des consommateurs, les clients chinois, qui représentent 34 % du marché mondial du luxe, devraient augmenter de 10 %, grâce à la progression de la clientèle fortunée, constituée par les "High Net Worth Individuals (HNWIs, personnes disposant d'un patrimoine investissable d'au minimum 1 million de dollars)", notamment dans les villes de 3ème et 4ème rangs (Tier 3 et 4), qui commencent à émerger comme des pôles de consommation importants.
 

Le consensus établi pour le marché du luxe en 2020 par l'association italienne - Altagamma


Les clients du luxe issus de l’Asie-Pacifique devraient croître de 6 % en 2020, en particulier en provenance de la Corée du Sud et d’Indonésie, confirmant la prédominance de l’Asie pour le marché du luxe. Les consommateurs les plus mûrs, comme les Américains et les Européens, devraient augmenter respectivement de 3 % et 2,5 %. Le reste du monde, attendu à +4 %, s’annonce prometteur grâce à l’Inde et au Moyen-Orient.
 
Pour ce qui est des différents réseaux de vente, le digital confirme son fort potentiel avec des prévisions de ventes pour l'an prochain de +13 % au sein des boutiques virtuelles des grandes marques et de +9 % chez les sites de vente en ligne multimarques. Le canal de la vente au détail physique résiste avec des estimations de ventes de +4 % pour 2020, alors que dans le réseau de la vente en gros, la croissance ne devrait pas dépasser +1 %, pénalisée par les mauvaises performances des grands magasins américains.

"Etre grand aide"



En conclusion, même si le scénario macroéconomique négatif (lourdement impacté par les guerres commerciales et les tensions géopolitiques ) incite certains analystes à envisager une récession imminente, ou du moins un fort ralentissement en 2020, le secteur du luxe devrait maintenir un bon niveau de sa rentabilité avec une progression de 4,5 % de son résultat brut opérationnel (Ebitda). Malgré une baisse par rapport l'estimation de +6 % qui avait été faite en 2018, le secteur devrait continuer à accomplir des performances au regard des croissances surprenantes enregistrées par quelques grands groupes de luxe comme LVMH, Kering et Hermès.
 
Dans son document, Altagamma souligne néanmoins la forte polarisation entre de gros conglomérats qui possèdent tout et certains acteurs plus petits. "Être grand aide", résume-t-il, tout en rappelant que l’Ebitda va souffrir également en raison "d’investissements plus importants engagés pour faire face à l’actuel panorama du secteur", que ce soit en termes de durabilité, de renforcement de la distribution directe, de numérisation, d'embauches, sans compter les mesures prises pour faire face à la complexité globale et aux changements de comportements du consommateur.

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