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New York : une "Fashion Week" signée récession et élection

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AFP
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3 sept. 2008

NEW YORK, 3 sept 2008 (AFP) - Premier des quatre grands rendez-vous bi-annuels du prêt-à-porter (New York, Paris, Londres et Milan), la "semaine de la mode printemps-été 2009" s'ouvre à New York vendredi 5 septembre sous le double signe de la crise et de l'élection présidentielle américaine de novembre.

Plus de quatre-vingts stylistes, des plus confirmés comme Calvin Klein ou Oscar de la Renta --un ami de Cindy McCain, épouse du candidat républicain-- aux jeunes comme Thakoon Panichgul, 34 ans, New-Yorkais d'origine thaïlandaise qui habillait Michelle Obama le soir où son mari acceptait l'investiture démocrate, s'apprêtent à défiler du 5 au 12 septembre sous les tentes de Bryant Park ou dans différentes galeries ou musées de la ville.

Les experts de mode mettent en avant l'incertitude d'un scrutin très serré entre un candidat républicain blanc et âgé (72 ans), et un candidat démocrate noir et jeune (47 ans) pour prédire des lignes très attentistes, l'émotion et l'identification jouant un rôle important dans les changements de garde-robe des consommateurs.

Et les magazines féminins préfèrent proposer à leurs lectrices de ressembler aux icônes indétrônables plutôt que d'imposer des tendances qui risquent de s'inverser : "que feraient Greta Garbo, Jane Birkin, Bianca Jagger ou Charlotte Rampling ?" se demande ainsi la rédaction de style.com (vitrine Internet de Vogue et W) dans son "guide shopping d'automne".

Outre l'hésitation sur le "look" à adopter en fonction de qui sera la prochaine First Lady, les brèves du quotidien Women's Wear Daily (WWD) en disent long sur l'état de l'industrie: en août, les résultats trimestriels de grands magasins comme Saks ou Macy's ont poursuivi l'inexorable chute observée depuis janvier.

Le chiffre d'affaires de Saks s'élevait au 2 août à à 669 millions de dollars contre 694 millions pour la même période en 2007, soit une baisse de 3,6 %, et les prévisions pour le reste de l'année étaient pessimistes.

Même air un peu partout, seul le luxe prospère, les riches étant toujours plus riches et dans un nombre croissant de pays. Le joaillier américain Tiffany a ainsi doublé ses bénéfices à 80 millions de dollars contre 40,5 millions en 2007, selon WWD qui souligne que les ventes en Asie et notamment en Chine ont particulièrement progressé.

"Cette Fashion Week est sans doute la plus difficile que nous ayons vécue depuis longtemps", estime dans une interview à l'AFP John Mincarelli, professeur de marketing et gestion à l'Institut de la mode (Fashion Institute of Technology, FIT).

Face à la hausse du prix du carburant, à l'inflation, aux remboursements difficiles de prêts immobiliers et au chômage menaçant des pans entiers de l'économie, les ménages américains font toujours plus le choix de ne pas renouveler leur garde-robe. D'autant que le réchauffement climatique et sa cohorte de conséquences ont fait de la chasse au gaspillage et du recyclage les deux mots d'ordre du nouvel "American way of life".

Certaines chaînes de détail ont déjà tiré des conséquences de la crise, comme l'Américaine Ann Taylor, spécialisée dans un prêt-à-porter classique, qui a annoncé la fermeture de cent dix-sept boutiques aux États-Unis dans les trois prochaines années.

"On ne peut pas à la fois faire le plein d'essence et remplir des armoires déjà saturées", souligne John Mincarelli. "D'autant que nous ne sommes plus à l'époque du diktat de la mini-jupe des années 1960, où même la Reine d'Angleterre devait porter court. La tendance est morte, et tout coexiste, le long, le mi-long, le court, les ballerines et les talons de douze centimètres", conclut-il.

Par Paola MESSANA

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