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Ouverture le dimanche : la querelle s'envenime entre commerçants

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AFP
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24 juin 2006


PARIS, 25 juin 2006 (AFP) - L'ouverture des magasins le dimanche divise les commerçants, les indépendants craignant une concurrence qui tuera leurs affaires, alors que ceux des chaînes militent pour une plus grande liberté, à l'instar d'Usines Center qui veut braver la loi en ouvrant dimanche.

La Fédération de l'habillement (FNH) des commerçants indépendants vient de remporter deux victoires devant la justice: la fermeture dominicale de 64 commerces d'Usines Center de Villacoublay (Yvelines) et du magasin Louis Vuitton sur les Champs-Elysées.

En six ans, la FNH, associée à la fédération de la chaussure et aux syndicats de salariés, a obtenu la fermeture de plus de 150 commerces le dimanche. Un des jugements les plus importants, en 2001, visait une cinquantaine de magasins La Halle aux vêtements.

D'autres procédures sont en cours, dont une concernant un second complexe Usines Center (Val d'Oise). La FNH a aussi porté plainte en 2001 contre la Vallée Shopping (Val d'Europe), près du parc de loisirs Eurodisney. Déboutée en 2003, la fédération a fait appel.

"Ces ouvertures créent une concurrence déloyale aux petits commerçants", estime Charles Melcer, président de la FNH.

"Usines Center (Villacoublay) dit qu'il réalise 35 % de son chiffre d'affaires le dimanche. Ils le font parce qu'ils sont seuls à travailler le dimanche. Si tous les magasins de textile français ouvraient dimanche, ils n'auraient plus de chiffre d'affaires", fait-il valoir.

Ces ouvertures dominicales "détruisent plus d'emplois qu'elles n'en créent", souligne, côté syndicat, la CFTC-commerce.

Usine Center Villacoublay (600 salariés), resté ouvert illégalement le dimanche pendant une vingtaine d'années, juge que la récente décision de justice à son encontre menace 80 emplois et compte rester ouvert et braver la loi, pour obtenir sa réforme.

"Les salariés travaillent 5 jours sur 7, puisque le centre est fermé lundi et mardi. En travaillant dimanche, ils ont des intéressements au chiffre d'affaires et/ou une prime de 40 à 50 % sur le salaire. Nous ne les obligeons pas à travailler", affirme Jean-Patrick Grumberg, président de l'association des exploitants d'Usines Center Villacoublay.

Certains commerces d'Usines Center peuvent rester ouvert le dimanche si ce sont les propriétaires qui sont derrière la caisse: eux ont le droit de travailler quand ils veulent. En revanche, la loi interdit le travail salarié, sauf exceptions.

Du côté des chaînes, grands magasins et centres commerciaux, des voix s'élèvent aussi contre ces fermetures.

"Si l'ensemble du commerce était fermé, ce serait compréhensible ! Mais pourquoi interdire la vente à certains commerçants, et pas à d'autres?", explique Lucien Odier, président du Conseil national des succursalistes en habillement, représentant de chaînes comme Zara, Celio et C&A.

La loi actuelle, complexe et contestée, est dans les faits très souvent oubliée.

Par exemple, les magasins de textiles et chaussures peuvent ouvrir cinq dimanches dans l'année, un droit soumis à autorisation du maire ou du préfet, une possibilité typiquement utilisée pour les dimanches avant Noël.

De nombreuses dérogations existent dans les "zones touristiques", comme les Champs-Elysées, pour les produits culturels et de loisirs, mais pas pour les boutiques de vêtements ou de chaussures, au grand dam des touristes. Autre exception, les magasins alimentaires et bars peuvent ouvrir jusqu'à dimanche midi, mais en principe pas au delà.

Le Conseil national des centres commerciaux milite pour une ouverture 8 dimanche dans l'année, au lieu des 5 autorisés, tandis que l'Union du grand commerce de centre-ville demande "une clarification et simplification" des règles.

Par Bertille OSSEY-WOISARD

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