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10 janv. 2013
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Philip Bianchi (Proximis): "Les outils se démocratisant, les marques chercheront à se démarquer sur le cross-canal"

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10 janv. 2013

Philip Bianchi

Le mot a rapidement supplanté la nation multi-canal: le cross-canal est aujourd’hui l’objectif clé de marque souhaitant lier étroitement commerce physique et en ligne dans la séduction du client. Avec des clients comme Longchamp, The Kooples, Tissot, Bruno Saint Hilaire ou Intersport, Proximis s’est spécialisée dans ce domaine. Philip Bianchi, cofondateur de l’entreprise française, nous livre son ressenti quant aux attentes des marques.

FashionMag.com: Quelle évolution des demandes avez-vous constatée ces derniers mois quant aux solutions cross-canal ?
Philip Bianchi: Aujourd’hui des marques qui n’ont pas vocation à avoir un grand réseau de monomarques commencent à ressentir depuis 3-4 mois le besoin d’investir dans des outils web pour donner un relais à leurs points de vente. Au départ, on trouvait principalement cette demande chez des marques et enseignes dotées de leur propre réseau, et qui souhaitaient dynamiser celui-ci. C’est donc au tour des autres marques, moins axées sur le développement de succursales, de vouloir dynamiser leurs revendeurs.

FM: Le mobile et ses possibilités cross-canal ont beaucoup été évoqués en 2012. Va-t-on assister à une banalisation de cette offre ?
PB: Il y a évidemment une forte demande sur les sites et appli mobile, car les marques veulent l’ajouter à leurs services. Mais, au-delà de la présence sur mobile, commence à se faire jour une réflexion sur comment se distinguer dans ces services. Tous les concurrents auront à terme une offre de click & collect. Les outils se démocratisant, les marques chercheront à se démarquer. C’est ainsi que l’on commence à songer à la livraison très rapide depuis le magasin, à la réservation de produits uniquement pour les essayer, à des présentations personnalisées sur les pages d’accueil. Car on sait maintenant ce que chaque consommateur consulte et achète.

FM: Constatez-vous également des comportements très tranchés selon les marques concernant le mobile ?
PB: Les marques vont doucement. Elles commencent à investir dans des dispositifs. Mais, sur notre marché cible, il n’y a peut-être que 30% de marques équipées. Elles ne sont pas encore toutes assez mûres. Et même lorsqu’elles ont un site mobile, elles avancent d’abord par étape en fonction de leur besoin. Cette activité demande une certaine maturité, et une volonté d’investir. Or c’est un média sur lequel il y a encore beaucoup moins de trafic que sur le web. En termes de priorité d’investissement, le mobile a encore du chemin à faire. Car il nécessite d’investir dans une plateforme technologique. Et ce sont des choses qui ne se sont pas encore démocratisées, aujourd’hui. Seules les grosses marques ont déjà fait ce chemin.

FM: Pensez-vous que le social-commerce sera la prochaine étape que se fixeront marques et enseignes ?
PB: Je sens qu’il y a un engouement sur les réseaux pour faire notamment du lancement de produit, de l’animation, de la génération de trafic en magasin… C’est un outil conçu comme incitatif, pour susciter l’intérêt. Il reste et restera sans doute peu utilisé comme une plateforme professionnelle de vente. Il y a des initiatives pour des marques ayant un capital fort. Mais cela n’est pas près de se démocratiser, selon nos retours terrain. Notamment parce qu’il est difficile de mener plusieurs batailles de front. Et parce que les achats en magasins resteront plus près des attentes des internautes.

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