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Premier défilé pour Angèle Baptist en conflit avec Chanel

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AFP
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30 mai 2009

BESANÇON, 30 mai 2009 (AFP) - Ni l'assignation en justice de son ancien principal client, Chanel, ni la traversée du désert qui s'en est suivi n'auront eu raison de l'entreprise textile World Tricot : sa fondatrice, Carmen Colle, a organisé à Besançon le premier défilé de sa marque, "Angèle Baptist".


Un mannequin défile pour la marque "Angèle Baptist", le 29 mai 2009 à Besançon - Photo : AFP

"Oser créer une marque et porter une nouvelle marque, c'est oser sa liberté. Ce n'est pas être dans le conventionnel et c'est oser être soi-même", a déclaré Carmen Colle, gérante de World Tricot, quelques heures avant le premier défilé de sa marque organisé vendredi soir à Besançon par l'association "Les Amis de World tricot".

Sur le podium, la collection automne-hiver de prêt-à-porter haut de gamme "Angèle Baptist", du nom de la mère et du père de Mme Colle, a décliné une ligne de vêtements en maille à fort caractère.

Alpaga, fil de métal ou mohair dans un dégradé de gris et des coloris beiges, oranges, rouges, blancs ou verts, se sont côtoyés lors du défilé orchestré par l'américain Marc Reed, devant plus de 200 spectateurs.

Les collections de l'entreprise, basée à Lure (Haute-Saône) et spécialisée dans le tricot, la maille de luxe, le remaillage et la création d'échantillons de tissus, s'adressent à des personnes qui souhaitent "retrouver une maille, une main et un caractère" dans leur vêtement, souligne Carmen Colle.

Depuis sa création en 1990, l'entreprise haute-saônoise a sous-traité pour les plus grands noms de la haute couture, de Dior à Hermès en passant par Chanel, Jean-Paul Gaultier, Givenchy ou Kenzo.

Mais en septembre 2005, World Tricot a assigné en justice la prestigieuse maison Chanel, avec qui elle collaborait depuis 1999, pour "contrefaçon et parasitisme" et "rupture abusive de relations contractuelles". World Tricot réclame deux millions d'euros de dommages et intérêts.

Carmen Colle avait affirmé avoir reconnu l'un de ses modèles dans la vitrine d'une boutique Chanel lors d'un séjour à Tokyo. A ce jour la date du procès n'est pas encore connue.

Depuis le début du litige, "c'est comme si on était étouffé, comme si on était prisonnier, englué", "les portes se ferment", et "l'entreprise reste fragile, aucune banque ne veut nous suivre", déplore la gérante qui peine à trouver de nouvelles sous-traitances dans l'habillement de luxe.

Fin janvier, World Tricot, jusqu'alors en redressement judiciaire, s'est vu octroyer par le tribunal de commerce de Vesoul un avis favorable à la poursuite de son activité sur dix ans, laissant envisager des jours meilleurs. Elle emploie aujourd'hui douze salariés (contre quatre-vingt-dix entre 1999 et 2001).

Carmen Colle, qui a pour projet "d'ouvrir à Lure une école de tous les métiers traditionnels qui concernent la maille", préfère aller de l'avant plutôt que de ruminer le conflit qui l'oppose à Chanel, ce "gag", dit-elle, qui "dure depuis quatre ans".

La marque est désormais commercialisée dans une boutique ouverte en septembre 2008 à Paris et dans le magasin d'usine de Lure, sa fondatrice rêvant de reconstituer un réseau de vente, y compris à l'internationnal.

Consciente de ses atouts, la gérante de cette SARL qui avait vu le jour grâce à "un chèque de 20 000 francs" (3 000 euros) de l'abbé Pierre, et dont la finalité était de faire travailler des femmes en difficulté d'insertion, table aujourd'hui sur un nouveau départ d'Angèle Baptist, concrétisé par ce premier défilé qui lui semble "irréel".

Par Angela SCHNAEBELE

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