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6 févr. 2014
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Tomaso Trussardi (DG de Trussardi): "En 2014, nous lançons la ligne Maison et les montres"

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6 févr. 2014

Depuis quelques mois, Tomaso Trussardi (30 ans) a pris les rênes de la maison de couture milanaise fondée par son arrière-grand-père en 1911, qu’il dirige aujourd’hui avec ses deux sœurs, Beatrice (41 ans) PDG du groupe et Gaia (34 ans) directrice de la création. Il dévoile à FashionMag.com les nouveaux projets pour 2014 et les stratégies de l’historique marque italienne, qui a réalisé un chiffre d'affaires de plus de 150 millions d’euros en 2013.

Tomaso Trussardi, administrateur délégué (DG) de Trussardi


FashionMag.com: Où en est Trussardi aujourd’hui ?
Tomaso Trussardi: Nous avons clôturé 2013 avec un chiffre d'affaires de 152 millions d'euros. Ce chiffre s’inscrit en recul par rapport aux 166 millions de 2012, car nous avons décidé de rationaliser la distribution en gros dans le sud de l’Europe du Sud, c’est-à-dire en Italie, Espagne et Grèce, en mettant un terme aux relations avec les clients multimarques qui se sont disqualifiés ces dernières années. Nous avons effectué un grand travail de repositionnement et de rééquilibrage de la marque. Nous pouvions compenser en ouvrant de nouveaux magasins, mais nous avons préféré maintenir l’équilibre financier. Nous voulons maintenir la marque à un niveau élevé et continuer avec nos trois positionnements bien précis: premium luxe avec Trussardi, un produit bridge avec Tru Trussardi et une collection diffusion avec Trussardi Jeans, auxquelles s’ajoute, en complément, la ligne enfant.

FM: Comment se portent les ventes à travers votre réseau momomarque ?

TT: La distribution retail est en pleine croissance. Les ventes de nos 10 magasins monomarques Trussardi, dont 5 sont situés en Italie, ont bondi de 40 % en 2013, tandis qu’elles ont grimpé de 9 % en ce qui concerne les enseignes Tru Trussardi, qui sont environ 140. Lorsque le groupe s’investit directement dans la gestion des magasins, nous progressons. La stratégie aujourd'hui consiste à développer un modèle de retailisation. Nous cherchons à renforcer, en effet, les liens avec nos partenaires historiques en leur offrant davantage de services en termes de visual merchandising, livraisons et réassorts avec des flashs pour les deuxièmes lignes.

FM: Quels sont vos nouveaux projets pour 2014 ?
TT: En 2014, nous lançons la ligne Maison et les montres. L'objectif est de développer le concept lifestyle Trussardi. Dans ce contexte, nous relançons notre ligne pour la Maison créée il y a dix ans, et proposée au cours de ces dernières années principalement à travers des collaborations focalisées juste sur quelques pièces uniques. A l'occasion du Salon du Meuble de Milan, en avril prochain, nous allons présenter une collection à part entière, réalisée en partenariat avec Club House Italia, une société qui produit également les collections Maison de Fendi et Kenzo. Nous allons lancer ensuite, au cours du quatrième trimestre, une ligne de montres de luxe Trussardi dans le segment très haut de gamme avec un partenaire italien, dont le nom sera révélé dans les prochains mois.

FM: L’an dernier le groupe a procédé à une réorganisation. En quoi cela a-t-il consisté ?
TT: Nous avons unifié toute la partie de la production, en ne séparant que l'homme et la femme, avec un pôle unique, au sein duquel sont développées toutes nos collections, de la troisième à la première ligne. Gaia a repris la direction artistique. Avec elle, nous revenons à nos racines dans un style contemporain. Beatrice est le PDG du groupe et s’occupe également de notre fondation d’art. Quant à moi, j’ai repris depuis cet été l'ensemble de la gestion du groupe. Il y a deux ans, j’avais pris en mains la partie business, les ventes et le merchandising à travers la société Trs Evolution, maintenant je m’occupe aussi des licences et de la communication avec Gaïa.

FM: Quels sont vos principaux marchés étrangers ?
TT: L'étranger représente 60 % du chiffre d'affaires. Au premier rang, il y a la Russie et la Chine. En Russie et dans les pays de l'ex-URSS, cela marche très fort. Nous y comptons 10 boutiques en gestion directe et 14 en franchise. En Chine, nous dénombrons 50 magasins, dont 5 en gestion directe. Nous avons aussi un important réseau de distribution en France avec Tru Trussardi et Trussardi Jeans. Sur ce marché nous comptons deux boutiques et environ 250 clients multimarques. L'objectif est de maintenir notre position en Europe et de poursuivre l'expansion en Russie, en Asie et au Moyen-Orient, tandis que, aux Etats-Unis, nous sommes présents dans les grands magasins. La marque est par ailleurs distribuée dans plus de 1100 points de vente multimarques dans le monde.

FM: Allez-vous ouvrir de nouveaux magasins en 2014 ?
TT: Cette année, nous allons changer les emplacements de certaines boutiques et requalifier les flagships. Quatre ouvertures sont par ailleurs prévues en Chine, tandis que vient d’être inaugurée une boutique à Shanghaï au sein du mall Hong Kong Plaza, juste à côté de Cartier.

FM: Vous vous renforcez aussi sur le segment de la restauration ?

TT: J'ai repris en main la restauration il y a deux ans. D'une activité complémentaire, elle s’est transformée en un petit business pesant 5 millions d’euros de chiffre d’affaires. Mon rêve, ainsi que celui de ma famille, serait de dupliquer la formule que nous avons développée dans notre flagship de Milan, piazza della Scala, où l’on trouve dans le même lieu la boutique, un bar, un restaurant étoilé, ainsi qu’un lounge bar ouvert depuis septembre. Nous aimerions prendre en gestion pour une durée temporaire, par exemple, au sein des grands magasins dans lesquels nous nous insérons, un espace dédié à la restauration dans le but mieux faire connaître notre lifestyle. Nous sommes en train d’évaluer des emplacements pour ouvrir d’autres restaurants Trussardi, en solo ou en partenariat.

FM: Selon vous, comment évolue l’industrie de la mode ?
TT: La bataille se joue aujourd’hui sur le rythme des cycles de production. La façon d'acheter a changé, fortement influencée par les chaînes de mode fast fashion et Internet. Les saisons sont plus courtes et souvent étranges du point de vue des températures. Les griffes seront de plus en plus contraintes de s'adapter à ces nouveaux rythmes. Il faut apprendre à travailler de manière dynamique. C'est la clé du futur pour cette industrie. Par exemple, à partir de la saison prochaine, nous allons réduire de 10 à 8 mois, le cycle de production de nos produits, depuis la conception de la collection jusqu’à son arrivée en boutique.

FM: Où sont produites vos collections ?

TT: La première ligne est réalisée entièrement en Italie, tandis que les secondes lignes sont fabriquées en Europe. Nous sommes l'une des rares griffes à produire encore en Europe. Si tous les entrepreneurs ramenaient en Italie les productions qu’ils font réaliser à l'étranger, cela créerait un incroyable appel d’air pour tous les fournisseurs et façonniers du territoire. Le problème, c’est que le gouvernement italien ne soutient pas notre secteur. Au contraire, il freine nos activités avec une bureaucratie et une législation de plus en plus lourdes.

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