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23 juin 2021
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Vanessa Masliah (Vestiaire Collective): "Nous devons nous éloigner progressivement de la mode jetable"

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23 juin 2021

Vestiaire Collective a nommé Vanessa Masliah au poste de vice-présidente en charge du marketing et du branding pour mettre, entre autres, l'accent sur les objectifs de la plateforme de seconde main en termes de mode, de durabilité et de technologie. Près de trois mois après sa prise de fonction, Vanessa Masliah nous en dit plus sur son nouveau rôle, ainsi que sur les leviers à actionner pour contribuer à rendre l'industrie de la mode plus vertueuse.


Vanessa Masliah DR


Q: Pouvez-vous nous parler de votre nouveau rôle au sein de Vestiaire Collective?

R: Mon objectif est de définir la vision globale du marketing et de la stratégie de marque de Vestiaire Collective pour favoriser l'engagement auprès des 'fashion activists'. Le tout en utilisant des stratégies et des canaux marketing innovants, pour accomplir notre mission qui consiste à transformer l'industrie de la mode en faveur d'un avenir plus durable. C'est un défi très excitant que d'essayer de réunir le meilleur des deux mondes et de transformer une plateforme d'e-commerce tout en mettant en avant son ADN mode, durable et technologique. Ce nouveau défi est à la fois une continuité et un tournant dans ma carrière. Une continuité car depuis près de vingt ans, j'ai eu le privilège de construire ou relancer des marques de luxe inspirantes. Et c'est aussi un véritable tournant car travailler pour un pure player digital innovant est très différent des grandes entreprises que j'ai connues.

Q: En quoi les 'fashion activists' sont-ils devenus une cible incontournable?

R: Les 'fashion activists' sont nos employés, notre communauté grandissante d'acheteurs et de vendeurs, nos marques partenaires actuelles et futures, les ONG, et tous ceux qui s'engagent avec nous dans ce voyage pour le changement que nous sommes en train d'impulser, à l'unisson. Ils sont très importants car ils nous éduquent d'une certaine façon. Cela commence par des actions simples et accessibles à tous : préférer la seconde main lorsque cela est possible, commander des articles locaux, ou ne pas jeter les pièces que l'on ne porte plus, mais les revendre ou les donner. Et chacun peut être un 'activiste' à sa façon, le plus important est de commencer à y contribuer à son échelle.

Q: Sur quels leviers allez-vous œuvrer pour les conquérir?
R: Pour faciliter ces bonnes pratiques, nous avons lancé le badge Fashion Activist sur la plateforme. Il est destiné à encourager notre communauté d'utilisateurs à embrasser pleinement le nouveau paradigme de la consommation circulaire en étant à la fois vendeurs et acheteurs. Nous avons intégré un drapeau pour indiquer la région de l'utilisateur et la prochaine étape sera de mieux expliquer l'impact positif de l'achat et de la vente de seconde main tout au long du parcours client, pour inspirer et encourager nos utilisateurs.

Q: La seconde main est le plus souvent considérée comme une alternative responsable. Cependant, certaines voix s'élèvent pour parler d'une nouvelle façon de surconsommer, voire d'une nouvelle fast-fashion. Qu'en pensez-vous?

R: Il s'agit clairement d'un faux débat. L'industrie de la mode est l'une des industries les plus polluantes, et même si notre modèle économique n'est pas sans impact, il correspond clairement à une partie de la solution grâce à un produit ou un service qui préserve, conserve ou restaure l'environnement et les ressources. Nous luttons justement contre la surconsommation, et l'étude que nous avons menée avec le Boston Consulting Group montre l'impact positif de la seconde main. Il en ressort notamment que 85% des acheteurs d'occasion contribuent à réduire la surconsommation en troquant la fast-fashion contre des articles moins nombreux et de meilleure qualité. 
Chez Vestiaire Collective, nous encourageons l'allongement de la durée de vie des vêtements, et nous construisons une manière radicalement nouvelle de créer de la valeur dans l'industrie de la mode, en faisant circuler des articles existants et en ne produisant rien. Nous répondons en réalité à deux problèmes majeurs de l'industrie de la mode, à savoir la surproduction et la sous-utilisation, et nous suggérons également à notre communauté d'acheter moins et mieux, de porter plus et de vendre plus.

Q: A terme, les plateformes de seconde main devront-elles également s'engager à faire de la mode durable uniquement?

R: Le débat ne porte pas uniquement sur les marques durables telles qu'elles sont définies actuellement, mais davantage sur la durabilité. Nous devons définir, au niveau de l'industrie, quelles pièces sont physiquement et affectivement conçues pour durer. Puis nous devons nous concentrer sur la vente d'articles de qualité qui valent la peine d'être produits et mis en circulation afin de nous éloigner progressivement, marques comme consommateurs, de la mode jetable.

Q: Comment faire en sorte aujourd'hui de proposer de l'occasion plus responsable?
R:  Encore une fois, nous savons que notre modèle n'est pas sans impact, et nous savons que certaines mesures pourraient nous aider à l'améliorer, en simplifiant, par exemple, l'architecture de l'application et du site web, ou en réduisant le transport et les emballages. Il s'agit aussi d'influencer le comportement des consommateurs et les encourager à remplacer une pièce par une autre pour éviter l'effet de surconsommation, mais également de maintenir les vêtements en circulation, faire entendre notre message 'acheter moins, acheter mieux', et acheter localement. Enfin, cela passe par le fait d'offrir un nouveau modèle économique aux maisons de luxe car collaborer avec le marché de l'occasion peut procurer un certain nombre d'avantages dont la possibilité de se rapprocher de leurs clients grâce à une stratégie innovante.

Q: L'avenir de la mode sera aussi digital. Comment faire en sorte que les consommateurs bénéficient en ligne de tous les services proposés en magasins?

R: La personnalisation est l'un de nos objectifs. Lorsque vous achetez de la mode d'occasion, il est question de pièces individuelles, et nous voulons donc vous montrer uniquement les articles qui vous intéressent. Nous pensons qu'il existe une formidable opportunité de mettre en relation le bon acheteur avec le bon produit au bon moment de son cycle de vie. Il faut également créer de nouvelles fonctionnalités pour affiner la recherche et offrir une expérience qui mêle luxe et durabilité.


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