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2 mai 2017
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Agora Distribution (Tati) : le placement en redressement judiciaire attendu le 4 mai

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2 mai 2017

Alors que l’on se dirigeait vers une procédure de cession classique, le sort du pôle Agora Distribution (Tati, Fabio Lucci, Gigastore et DegrifMania), que le groupe Eram souhaite vendre, passe donc par la case tribunal de commerce. Le placement en redressement judiciaire devrait être effectif cette semaine, alors que la mise en place d’une procédure accélérée a été demandée par la direction.


Tati est l'enseigne phare d'Agora Distribution - Facebook Tati Lyon


En difficulté depuis plusieurs années, la maison mère de Tati s’est déclarée vendredi dernier en cessation de paiement et a été l’objet dès ce mardi d’une audience devant le tribunal de commerce de Bobigny. Spécialiste du retournement de sociétés, Michel Rességuier, président du pôle Agora Distribution depuis mars dernier, y a demandé le placement en redressement judiciaire des sociétés du groupe, ainsi que l’ouverture d’une procédure de pré-pack cession. Un dispositif rapide, utilisé lorsque des repreneurs sont déjà connus et les discussions déjà avancées. Agora Distribution fait ainsi l’objet de sept offres de reprise partielle, dont l’une aurait été formulée par le fondateur de Gifi, Philippe Ginestet.

« Le tribunal devrait ouvrir la procédure cette semaine », indique l’entité appartenant au groupe Eram depuis dix ans dans un communiqué publié ce mardi 2 mai. Elle devrait plus précisément rendre sa décision le jeudi 4 mai. « Il s’agit d’un passage obligé pour la cession des activités du pôle, car aucune offre globale permettant une cession en un bloc n’a été formulée ». Selon nos informations, la présentation des offres devant le tribunal devrait se tenir le 29 mai prochain. « Un délai qui va nous permettre de faire se rencontrer repreneurs éventuels et salariés », précise Michel Rességuier, joint par FashionNetwork.

Car il faut encore convaincre. Le dirigeant précise que « pour l’instant, en compilant les différentes offres, on pourrait assurer l’avenir de deux tiers des activités du pôle. Nous espérons que la procédure enclenchée permette de les améliorer et de parvenir à une première cession à la mi-juin ». Précisons qu’Agora Distribution emploie aujourd’hui 1 720 personnes et totalise 140 magasins en France. Une entité surtout bâtie autour de Tati, l’enseigne au vichy rose et blanc fondée en 1948, dont le vaisseau amiral est historiquement situé dans le quartier de Barbès, à Paris.

Devant cette nouvelle étape, l’inquiétude est palpable chez certains salariés. « On ne s’attendait pas à cela et on ne comprend pas qu’on soit obligé d’aller jusqu’au tribunal, livre un délégué syndical. Cela change tout, car les actionnaires d’Eram n’ont plus la main ». Et une vague de suppression de postes n’est pas à exclure. « Je suis conscient qu’il y aura sans doute des licenciements, même moi je ne reprendrais pas tout, poursuit cet élu, qui a décidé de ne pas voter la demande de mise en redressement judiciaire. Mais ce démantèlement à venir ne concernera sans doute que la reprise de magasins et met ainsi en péril le siège et l’activité à l’international ». Une expansion à l’export récemment débutée, qui a amené Agora Distribution à ouvrir 23 magasins au Maghreb et dans les pays du Golfe.

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