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15 avr. 2014
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Bernard Morvan (FNH): "Il y a une vraie perte d'attractivité des centres-villes"

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15 avr. 2014

La Fédération nationale de l’habillement a préparé récemment un plan Marshall des centres-villes dont elle a décidé d’assurer une diffusion tous azimuts à la suite des élections municipales. Un document de plus de 90 pages dont Bernard Morvan, président de la FNH, entend faire la promotion partout où ça peut être utile. Il explique à FashionMag.com les enjeux.

Bernard Morvan


Fashionmag.com: Pourquoi communiquez-vous maintenant sur ce plan Marshall ?
Bernard Morvan: Nous ne voulions pas communiquer auprès des candidats aux élections municipales mais plutôt toucher les élus. Ceux qui vont avoir à prendre des positions et des décisions.

FM: La fédération des enseignes spécialisées Procos a déjà tiré la sonnette d’alarme concernant les difficultés du commerce en centre-ville. La situation est si catastrophique ?
BM: Nous avons beaucoup de remontées qui le montrent. Dans les villes de moins de 20 000 habitants notamment, c’est une vraie souffrance. Il est clair que les vacances de surfaces augmentent fortement. Il y a une vraie perte d’attractivité des centres-villes.

FM: Vous l’expliquez comment ?
BM: Il y a de nombreuses raisons. Il y a bien sûr le développement de la périphérie avec toutes les ouvertures de centres commerciaux, les extensions, les retail parks, etc. Il y a aussi d’autres raisons comme la baisse forte de l’emploi salarié dans les centres-villes. Les gens qui n’y travaillent pas ou plus ne viennent pas forcément à d’autres moments.

FM: Ne pensez-vous pas que les commerçants en soient aussi au moins en partie responsables ?

BM: Bien sûr, certains commerçants ne sont pas assez dynamiques, ne font pas bouger leurs commerces comme il faudrait. Ils ne sont pas formés d’ailleurs. Aujourd’hui, n’importe qui peut s’improviser commerçant. Nous voulions instaurer une sorte de journée de formation obligatoire. Mais il nous a été répondu que ce serait interdit parce que ce serait un frein à l’initiative individuelle. Si nous ne pouvons l’imposer d'ailleurs, nous pourrions la mettre en place de manière volontaire. Mais Il y a bien d’autres raisons. Comme le stationnement, les accessibilités. Beaucoup de surfaces ne sont pas adaptées non plus aux demandes des enseignes. Et il faut le dire aux élus. Les centres-villes sont d’une tristesse aujourd’hui !


FM: Que préconisez-vous pour redresser la barre ?
BM: D’abord, il faut sensibiliser tout le monde, les politiques, les acteurs économiques, nous prendre en main aussi. C’est ce que nous faisons à travers ce document sur le plan Marshall. Je me suis rendu à l’Elysée où j’ai rencontré un conseiller du président, je vois des ministres, les CCI, etc. Bien sûr, on pourrait penser que les fédérations patronales que sont le Medef et la CGPME seraient actifs sur la défense des TPE. Mais manifestement, il ne faut pas trop y compter. Aujourd’hui, il y a d’un côté les entreprises moyennes et les grosses et, de l’autre, les auto-entrepreneurs et personne ne s’occupe des TPE. C’est notre objectif.

FM: Que préconisez-vous donc ?
BM: J’avais déjà demandé que l’on supprime tous ces organismes que sont les Cdac et les Cnac et que l’autorisation d’implanter des surfaces passe par la simple autorisation des permis de construire. Cela conduirait l’élu à prendre en toute connaissance de cause ses responsabilités sans se réfugier derrière des décisions venant d’ailleurs. Il faut aussi revoir l’environnement réglementaire pour les TPE. Simplifier le code du travail par exemple. Il y a une mesure emblématique à faire passer. Mettre en place une convention collective unique pour les commerces indépendants non alimentaires. Il faudrait aussi réduire l’impôt sur les sociétés de 33 % à 15 %. Nous serons aussi vigilants sur la fiscalité locale.

FM: Pour tout cela, vous êtes tributaires de décisions politiques…

BM: D’où notre volonté de communiquer sur tous ces sujets. Mais, par exemple, pour nous permettre d’employer du personnel à temps partiel de manière plus simple, nous devrions pouvoir mettre en place des groupements d’employeurs comme dans le secteur agricole. Ceux-ci recruteraient des salariés qui pourraient assister des magasins à tour de rôle sans avoir l’inconvénient de certaines lourdeurs… Concernant enfin les surfaces commerciales en centre-ville, il faudrait procéder à un remembrement. Cela pourrait être piloté dans le cadre d’un contrat de revitalisation de centre-ville avec la participation de tous. Ainsi, on reconstruit le centre-ville…

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