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17 janv. 2017
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François Feijoo (Procos/Eram) : « En décembre, on a sauvé les meubles grâce aux ventes privées »

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17 janv. 2017

A l’occasion de la publication des résultats 2016 du commerce spécialisé, le président de la fédération Procos et PDG du pôle Eram, Texto et Staggy, François Feijoo, a pointé les nombreux fronts sur lesquels l’équipement de la personne doit combattre.

François Feijoo - Procos


« Il n’y a pas besoin d’avoir fait une grande école pour savoir que, si 16 % des ventes se font désormais sur Internet, cela doit affecter forcement le commerce physique », a expliqué le dirigeant. « On est face à des augmentations de mètres carrés côté surface commerciale, sur un marché à l’équilibre quand il n’est pas en régression. Dans l’équipement de la personne, nous sommes victimes de cet effet ciseau terrible, avec de moins en moins de trafic pour de plus en plus de surface. Et à cela s’ajoutent les investissements autour de nouveaux concepts, la nécessité de s’armer pour le numérique. Il y a aussi la problématique de la désertification commerciale des petites villes. Quand vous avez un gros réseau, vous y êtes, mais vous devez fermer… Tout cela implique des moyens. Et les résultats font qu’on a justement moins de moyens. C’est une équation très compliquée. On se bat ! »

François Feijoo a par ailleurs évoqué le lancement des soldes, après une fin d’année 2016 au succès trompeur. « La vérité, c’est que dans l’équipement de la personne, en décembre, on a sauvé les meubles grâce aux ventes privées », pointe-t-il. « C’est un secret de polichinelle. Officiellement, on dit "on résiste bien". Mais les marges n’ont pas résisté du tout, elles. Et les soldes ne sont pas bons. La période démarre mal. Mais on s’y attendait. La réalité, c’est qu’on est dans une situation critique pour l’équipement de la personne, et particulièrement dans la chaussure. Personne ne se balade fier de ses résultats aujourd’hui. »

Interrogé sur les relations entre commerces et bailleurs, le président de Procos se montre tout aussi franc. « L’aberration qui est que le trafic baisse de 12 % alors que les loyers ont augmenté de 12 %, il y a quelque chose qui ne va pas », souligne-t-il, tout en pointant la nécessité d’entamer un dialogue nouveau. « Il faut qu’on sorte d’une logique de combat pour rentrer dans une logique de concertation. Par exemple, dans la relation avec les bailleurs, si on est dans la confrontation systématique, cela exclut que sur d’autres sujets, où nous pourrions être d’accord, on puisse avancer ensemble, comme la transformation numérique et l’ouverture le dimanche. Il faut aussi une concertation avec les écoles et pouvoirs publics pour redorer le blason des métiers du commerce et attirer les jeunes. Il faut qu’on change de cadre de pensée. Cela n’empêche pas qu’il y aura des tensions. Mais si on va d’emblée au combat, on ferme par avance les portes. Et cela finira mal ! »

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