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15 juin 2011
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Siec: quel avenir pour l'urbanisme commercial ?

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15 juin 2011

Hier, pour la première journée du Siec 2011, le salon de l’immobilier commercial, qui a quitté pour la première fois cette année le Carrousel du Louvre pour le CNIT de La Défense à Paris, les acteurs du secteur étaient invités à donner leur vision d’un marché qui redresse la barre après des années 2008 et 2009 délicates.


Jacques Ehrmann et Alain Taravella ont apporté leur perception du secteur de l'immobilier commercial

Mises en relief par le discours d’inauguration du secrétaire d’Etat de tutelle, Frédéric Lefebvre, les problématiques actuelles ont fait l'objet d'une table ronde. Frédéric Lefebvre s’est attaché à souligner la dynamique du secteur rappelant que celui-ci compte aujourd’hui 724 centres commerciaux et s’est engagé dans 193 projets supplémentaires d’ici à 2016 mais il a aussi affirmé sa position contre la mise en place d’une typologie commerciale intégrée dans la dernière proposition de loi sur l’urbanisme commercial. Cette typologie a pour ambition de fixer le type de commerce auquel devrait être dédié une surface.

Sur ce point l’ensemble des acteurs ont d’ailleurs exprimé leur incompréhension face à la proposition de loi. "Cela n’aura aucun effet positif, estime clairement Jacques Ehrmann, directeur général des activités immobilières et développement du groupe Casino et Pdg de la foncière Mercialys. Tous les 24 à 36 mois, de nouvelles lois sont votées sur ce sujet de l’immobilier commercial alors que rien n’est proposé pour améliorer les entrées de ville. Que l’on arrête de nous compliquer la vie !".

"La typologie sera inopérante, appuie Laurent Morel, président du directoire de Klépierre et gérant de Ségécé. Nous qui pratiquons l’urbanisme commercial lorsqu’une ville choisit un projet, il y a un échange que l’on accueille plutôt favorablement. Tous les grands centres commerciaux sont nés d’une planification urbaine".

Pour Eric Ranjard, président du Conseil national des centres commerciaux, c’est l’ensemble du secteur qui est "violemment opposé au concept de typologie. Prenez Aubervilliers, il a déjà fallu 18 ans, et plusieurs études, pour finaliser le projet du Millénaire. Il ne faut pas figer les choses, on doit pouvoir faire évoluer les commerces selon les besoins et les attentes des consommateurs".

"Le seul point positif de ce projet de loi, a précisé Jean-Marie Tritant, directeur général du pôle commerce France d'Unibail-Rodamco, c’est qu’il va permettre la suppression de la multiplicité des recours".

Si les dirigeants des grands acteurs se montraient unanimes et catégoriques quant au projet de loi, leurs sentiments étaient moins tranchés sur le contexte économique. "Si le ciel arrête de nous tomber sur la tête, avec des catastrophes qui atteignent le moral des ménages, et que l’emploi continue d’évoluer correctement, il n’y a pas de raison que 2011 soit en retrait", notait avec prudence Pascal Duhamel, directeur exécutif de Carrefour Property.

Alain Taravella, président fondateur d’Altarea Cogedim, détaillait, lui, son analyse: "Les évolutions de fréquentation dans les centres sont clairement différentes s’il s’agit d’un centre commercial de périphérie, de centre-ville ou d’un retail park. Il y a une consommation globale qui se tient bien mais la répartition peut changer. Actuellement nous faisons beaucoup d’opérations en centre-ville et en retail park. La consommation de ces lieux est en croissance. En retail, les loyers sont plus bas et les prix suivent. Ainsi, chez nous, les Family village ont mieux performé que les centres commerciaux".

"Avant la crise, on était sur des croissances annuelles de plus de 3,2%, explique Éric Ranjard. Et pour la première fois nous avons connu un recul: -1,4% en 2008 et -2,7% en 2009. En 2010 nous avons déjà un retour au positif et, pour 2011, à l’évidence les indicateurs sont au vert. Au lieu d’aller 100 fois par an dans leur centre commercial, les gens y vont 99, quelque chose". Pour autant, la période dorée du début des années 2000 apparaît révolue. "Aujourd’hui comme avant-hier, il faut du temps pour installer un centre, explique Alain Taravella réagissant à une question sur le démarrage en douceur d’Okabé (Kremlin-Bicêtre). On estime qu’il faut plusieurs années à un centre pour trouver sa place. Nos choix répondent aux attentes de nos clients".

Des clients qui apparaissent de plus en plus exigeants sur la qualité des emplacements. "Je pense qu’il y a probablement la place pour tous selon l’heure de la journée et le jour de la semaine, estime Pascal Duhamel. Si on est capable de faire du retail de proximité apportant les expériences de shopping, il faut travailler sur les centres mal placés, vieillots où l’on se rend par obligation".

Si tous assurent que la reconversion de l’existant tient la même place dans leurs objectifs que le développement de nouveaux centres, reste à valider ce prêche dans les faits.

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